
Mort de Quentin Deranque : la violence d’extrême droite est-elle vraiment « dérisoire » par rapport à celle d’extrême gauche ?
La mort du militant nationaliste Quentin Deranque, survenue le 14 février à Lyon lors d’un affrontement avec des antifascistes, a ravivé le débat sur la violence politique en France. Marion Maréchal, figure du Rassemblement national, a déclaré que la violence d’extrême droite était « dérisoire » comparée à celle d’extrême gauche. En revanche, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a affirmé que l’extrême droite avait été responsable de 12 meurtres depuis 2022.
Les déclarations de Marion Maréchal ont été qualifiées de « totalement fausses » par plusieurs experts. Une note du Centre de recherche de la gendarmerie nationale (CRGN) souligne que l’ultradroite demeure une menace terroriste en « activité constante ». Bien que la mouvance jihadiste soit considérée comme la principale menace, les menaces d’ultradroite et d’ultragauche suivent de près.
En 2025, un attentat attribué à l’ultradroite a été enregistré, marquant le premier attentat mortel en plusieurs décennies. Le CRGN a également noté que depuis 2022, dix projets d’attentats d’ultradroite ont été déjoués, tandis que l’ultragauche n’a pas commis d’attentats significatifs.
Sur la question des chiffres avancés par Bompard, les données fournies incluent des cas de violence raciste et d’attaques ayant un lien avec des idéologies d’extrême droite, mais les experts conviennent que six meurtres peuvent être directement attribués à l’extrême droite depuis 2022. En revanche, l’ultragauche n’est soupçonnée que d’une seule mort, celle de Quentin Deranque.
Des études historiques indiquent que l’extrême droite a été responsable de dix fois plus de décès que l’extrême gauche au cours des quarante dernières années. Entre 1986 et 2017, 57 morts ont été recensées dans des violences politiques, dont 52 imputées à la droite radicale contre cinq à la gauche radicale.
Cette montée de la violence politique, tant à droite qu’à gauche, soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la stabilité politique en France, à l’approche des prochaines élections.
Source : Franceinfo, BFM TV, Europol, Centre de recherche de la gendarmerie nationale.






