
Mi querida señorita : entre réalité et fiction
Un drame espagnol récent sur Netflix, Mi querida señorita, présente le portrait d’une personne intersexe élevée dans un village conservateur, qui part seule à Madrid pour se réinventer. Ce film soulève des interrogations quant à sa véracité, oscillant entre réalité et fiction, tout en s’inscrivant dans l’héritage d’un film de 1972 qui a ouvert la voie à ces thématiques en Espagne.
Le long-métrage de 2026, réalisé par Fernando González Molina et coécrit par Alana S. Portero, n’est pas basé sur une histoire vraie précise, mais il s’inspire de réalités longtemps ignorées. Selon Moviedelic, cette fiction réinvente librement le film homonyme de 1972 réalisé par Jaime de Armiñán. Les créateurs ont condensé plusieurs expériences pour construire une trajectoire crédible, sans se rattacher à une personne réelle.
Dans cette version, Adela, le personnage principal, grandit dans un environnement où les discussions sur le genre et la sexualité sont taboues. Un examen médical secret révèle son intersexualité, l’amenant à quitter sa ville natale pour Madrid, où elle fait face à des rencontres et désillusions qui rendent son parcours de quête de soi identifiable.
Le projet de 2026 reprend la trame du film de 1972, mais avec une perspective différente. Contrairement à l’original, où un acteur cisgenre tenait le rôle principal, l’actrice Elisabeth Martínez, une personne intersexe, incarne ici Adela, renforçant ainsi l’authenticité de l’œuvre.
Le film de 1972, également intitulé Mi querida señorita, était l’un des premiers à aborder ouvertement l’orientation sexuelle et l’intersexualité en Espagne. Toutefois, les contraintes de l’époque limitaient la clarté du propos. Fernando González Molina évoque son arrivée à Madrid en 1999, à un âge similaire à celui d’Adela, et se souvient des personnes queer cherchant à vivre plus librement dans la capitale, une expérience qui infuse l’atmosphère du film sans en faire un autoportrait.
La scénariste Alana S. Portero souligne que le film se déroule à la fin des années 1990, une période précédant les avancées juridiques significatives pour les personnes intersexes en Espagne. Avant 2023, seules quelques régions, comme Madrid ou Valence, limitaient les chirurgies génitales sur les mineurs intersexes. Depuis l’adoption de la Ley Trans en février 2023, ces interventions sont interdites avant 12 ans, sauf en cas d’urgence médicale, tout en consacrant l’autodétermination de genre.
En somme, Mi querida señorita offre un miroir sur des réalités sociales complexes, tout en naviguant entre fiction et vérité, sans s’ancrer dans un récit biographique précis.
Source : Moviedelic




