Lycées bloqués : Louis Boyard accuse le gouvernement de priver les élèves de cours
C’est le gouvernement qui supprime des profs et empêche d’avoir cours… et ils accusent les blocages ! C’est le gouvernement qui tire des lacrymogènes et des LBD sur des adolescents… et ce sont les lycéens qui seraient violents ! Il faut soutenir les lycéens. La France est avec vous ! Soutien !
Le 28 septembre 2026, le député Louis Boyard prend la défense des lycéens mobilisés et accuse le gouvernement de négliger leurs cours tout en dénonçant les blocages. Sa publication pose deux questions distinctes : que sait-on du manque d’enseignants invoqué par les élèves, et que peut-on établir sur l’usage de la force lors des incidents ?
Le fait principal
Louis Boyard, député du Val-de-Marne, soutient les lycéens mobilisés. Dans son message, il impute à l’exécutif les difficultés à suivre les cours et affirme que des adolescents ont été visés par des gaz lacrymogènes et des lanceurs de balles de défense, ou LBD. Ce sont des accusations politiques : la publication ne précise ni établissement ni intervention permettant de vérifier chaque fait allégué. ()
Ce qui s’est passé
Après des premières actions le vendredi 25 septembre, le mouvement s’est étendu le lundi 28. Lors d’une déclaration filmée, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait état d’environ 180 établissements concernés ce lundi-là, de 27 blocages totaux et de 164 interpellations. Il a également annoncé un bilan provisoire d’une douzaine de lycéens blessés. Ces chiffres décrivent des situations diverses, pas 180 lycées entièrement bloqués. ()
Le ministre a qualifié une partie des événements de « violences urbaines » et expliqué que les forces de l’ordre intervenaient en cas de blocage total, en accord avec le chef d’établissement, ou lors de dégradations et de violences. Son propos ne suffit pas, à lui seul, à décrire ce qui s’est passé devant chaque lycée. ()
Le contexte
Les élèves mobilisés dénoncent notamment des absences de professeurs et des emplois du temps chargés. Leurs difficultés méritent d’être examinées établissement par établissement. À l’échelle nationale, toutefois, le budget 2026 ne permet pas d’affirmer simplement que le gouvernement « supprime des profs » : le ministère de l’Éducation nationale annonce près de 5 900 emplois supplémentaires au total par rapport à 2025, toutes catégories concernées confondues. Une hausse globale ne prouve pas davantage qu’un professeur est présent devant chaque classe. ()
Les chiffres à retenir
- Environ 180 établissements concernés par des rassemblements, blocages ou tentatives de blocage le 28 septembre, selon Laurent Nuñez. ()
- 164 interpellations et une douzaine de lycéens blessés annoncés dans son bilan provisoire du même jour. Une interpellation ne constitue pas une condamnation. ()
- Près de 5 900 emplois supplémentaires prévus pour l’Éducation nationale en 2026 par rapport à 2025, selon le ministère ; ce total ne désigne pas uniquement des enseignants en poste devant les élèves. ()
Ce que montrent les faits
À Villeurbanne, lors d’incidents survenus le 28 septembre, des sources sécuritaires citées par Le Progrès ont signalé l’emploi de moyens de force intermédiaire, sans pouvoir établir dans ce compte rendu s’il s’agissait uniquement de gaz lacrymogènes. Elles n’ont recensé aucune bles liée à un LBD, contrairement à des propos d’enseignants évoquant une élève blessée à la tête. Le point reste donc contesté : on ne peut ni confirmer un tir de LBD sur cette élève ni écarter, sur la seule base de ce bilan, toute question sur les interventions policières. ()
Le débat public oppose ainsi deux réalités qu’il serait commode de réduire à une seule. Des élèves réclament de meilleures conditions d’étude ; des incidents et des blessés ont aussi été signalés. La communication du gouvernement sur les effectifs ne règle pas les absences vécues dans un lycée. Le soutien aux lycéens, lui, ne dispense pas de documenter précisément les accusations de tirs.
Ce qu’il faut retenir
Louis Boyard met en avant les cours manqués et la réponse policière ; le gouvernement insiste sur les blocages et les violences. Pour départager les affirmations, il faut des données locales sur les enseignants absents et des éléments établis sur chaque intervention. Sans cela, chacun tient son récit — et les élèves attendent toujours des réponses.
Source : Louis Boyard – Député du Val de Marne
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