
Liberté de la presse : RSF alerte sur un niveau au plus bas depuis 25 ans dans le monde
La liberté de la presse a atteint son niveau le plus bas depuis un quart de siècle, selon un rapport publié ce jeudi par Reporters sans frontières (RSF). L’organisation souligne une dégradation généralisée, citant des exemples allant des États-Unis, où les attaques du président Donald Trump sont qualifiées de « systématiques », à l’Arabie Saoudite, qui a exécuté un journaliste en 2025.
Pour la première fois depuis la création de ce classement annuel en 2002, plus de la moitié des pays du monde, soit 94, se trouvent en situation « difficile » ou « très grave », alors qu’ils n’étaient qu’une infime minorité (13,7 %) en 2002. Parallèlement, le pourcentage de la population vivant dans un pays où la situation de la liberté de la presse est jugée « bonne » a chuté de 20 % à moins de 1 %.
Actuellement, seuls sept pays d’Europe du Nord, dont la Norvège, figurent dans la catégorie « bonne ». La France se classe 25e, considérée comme ayant une « situation plutôt bonne ». RSF note que le score moyen des pays étudiés n’a jamais été aussi bas en 25 ans.
Les États-Unis, classés en « situation problématique », ont perdu sept places et se positionnent désormais au 64e rang, entre le Botswana et Panama. Cette détérioration est accentuée par la détention et l’expulsion du journaliste salvadorien Mario Guevara, qui dénonçait les arrestations de migrants, et par la réduction des financements de l’audiovisuel extérieur américain.
Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF, précise que les attaques contre les journalistes prennent de nouvelles formes, avec des pressions économiques, politiques et légales, en plus des violences physiques. Le recul de la liberté de la presse est également attribué aux conflits armés et à un durcissement des régimes politiques.
RSF met en avant des chutes spectaculaires dans le classement, comme celle du Salvador (143e), qui a perdu 105 places depuis 2014, et celle de la Géorgie (135e), qui a reculé de 75 places depuis 2020. Le Niger a connu la plus forte baisse en 2026, se plaçant au 120e rang avec une chute de 37 places, illustrant la dégradation de la liberté de la presse au Sahel.
L’organisation souligne que certains pays, autrefois considérés comme des bastions de la liberté de la presse, ont vu leur situation se détériorer avec l’arrivée de régimes militaires. L’Arabie Saoudite, classée 176e, côtoie des pays comme la Russie, l’Iran et la Chine, tandis que l’Erythrée ferme la marche à la 180e place. En revanche, la Syrie a enregistré une amélioration significative, grimpant de 36 places après la chute du régime de Bachar al-Assad.
Enfin, RSF note une dégradation de l’indicateur du cadre légal, avec des lois de sécurité nationale et contre le terrorisme qui restreignent le champ du journalisme. Les « procédures-bâillons », visant à intimider les journalistes par des poursuites judiciaires, sont également en forte hausse, illustrées par des cas comme celui de José Rubén Zamora au Guatemala.
Les lois, qui devraient protéger les journalistes, tendent à les criminaliser de plus en plus. Cependant, des outils existent, comme le règlement de la Commission européenne sur la liberté dans les médias, entré en application en 2025.
Source : Reporters sans frontières




