Journée de la solidarité intergénérationnelle : comment préserver le lien social avec les plus âgés ?
C’est la Journée européenne de la solidarité intergénérationnelle. Elle vise à renforcer les liens entre les générations en rapprochant les personnes âgées et les plus jeunes. Selon les prévisions démographiques, d’ici 2026, les plus de 65 ans deviendront, pour la première fois, plus nombreux que les moins de 20 ans. D’ici 2031, la part des plus de 85 ans devrait même doubler. Ce vieillissement de la population soulève de nouvelles questions concernant la prise en charge des aînés et la préservation d’un lien social avec eux, un défi essentiel dans notre société actuelle.
Entretenir le lien social
Manon, 31 ans, vit à Paris et considère sa grand-mère Mireille, âgée de 97 ans et résidant en Moselle, comme une personne très importante. Toutefois, maintenir ce lien social nécessite un investissement conséquent. Manon explique : « C’est quelque chose auquel on pense très souvent, on se dit : là ça fait X semaines que je n’ai pas été la voir. Quand on travaille beaucoup les week-ends et en horaires décalés, ce n’est pas forcément facile. »
Pour contrer la distance, Manon et sa famille ont opté pour Famileo, une application permettant d’envoyer automatiquement un journal familial à leurs grands-parents. Chaque mois, les membres de la famille sélectionnent des photos et rédigent un texte que Mireille reçoit sous forme de petite gazette. Manon souligne : « Je sais que c’est quelque chose qu’elle attend beaucoup. »
La « mort sociale »
Préserver le lien entre les générations est également un facteur de santé, comme l’explique le Dr Hermine Lenoir, médecin gériatre : « Cela baisse l’anxiété, la dépression et les sentiments d’abandon souvent ressentis à cet âge-là. » Des études montrent que les liens intergénérationnels impactent la cognition. Les personnes vivant seules courent un risque accru de développer des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.
En France, bien que la solidarité familiale soit généralement perçue comme positive, près de deux millions de personnes âgées vivent en situation d’isolement. Selon le sociologue Serge Guérin, « aujourd’hui, un certain nombre de personnes âgées déclarent que ce qu’elles ont fait pour leurs parents, elles ne pensent pas que leurs enfants le feront pour elles. » Pour certains, cet isolement est si extrême qu’il est qualifié de « mort sociale », avec 750 000 personnes âgées n’ayant plus aucun contact, ni avec des proches, ni avec des voisins, d’après l’association Les Petits Frères des Pauvres.
Cette situation souligne l’importance de renforcer les liens intergénérationnels afin de garantir un soutien social et émotionnel aux aînés, tout en enrichissant la vie des plus jeunes.
Source : Franceinfo






