
L’Europe se réchauffe plus vite que le reste du monde
L’Europe a connu une accumulation de situations climatiques extrêmes en 2025, alors que le continent se réchauffe plus rapidement que d’autres régions du globe. Ce constat alarmant est tiré d’un rapport publié le 29 avril par le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
Depuis les années 1980, l’Europe s’est réchauffée à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Cette tendance pourrait s’aggraver avec le phénomène El Niño, qui entraîne une augmentation des températures de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Selon Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, la survenue d’El Niño cette année est jugée « probable », bien qu’il soit encore trop tôt pour l’affirmer avec certitude.
Le rapport souligne que les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et intenses sur au moins 95 % du territoire européen, de la mer Méditerranée au cercle arctique. La région de Fennoscandie, qui comprend la Finlande, la Suède et la Norvège, a enregistré la plus longue vague de chaleur depuis le début des relevés, avec 21 jours consécutifs à 30 °C ou plus en juillet, un chiffre deux fois supérieur au précédent record.
Des records de chaleur inédits ont été observés : en Turquie, la température a dépassé pour la première fois les 50 °C, tandis qu’en Grèce, 85 % de la population a été exposée à des températures proches ou supérieures à 40 °C. L’ouest de l’Europe a également été touché, avec des vagues de chaleur marquées en Espagne, au Portugal, en France et au Royaume-Uni.
Les glaciers européens ont subi une perte de masse nette significative en 2025. Par exemple, l’Islande a enregistré sa deuxième fonte annuelle la plus importante depuis 2005, tandis que le Groenland a perdu 139 gigatonnes de glace, contribuant à une élévation du niveau des mers de 4 millimètres. De plus, 86 % des régions océaniques ont connu au moins un jour d’épisode de chaleur « forte ».
Ces vagues de chaleur ont des répercussions sur la biodiversité, notamment sur les prairies sous-marines de la Méditerranée, qui sont vulnérables aux températures élevées. Les incendies de forêt ont également atteint un chiffre record, ravageant 1 034 550 hectares.
En revanche, une note positive réside dans le fait que les énergies renouvelables ont représenté, pour la troisième année consécutive, une part supérieure à celle des énergies fossiles dans la production d’électricité, atteignant 46,4 %.
Le rapport met en lumière l’urgence d’agir face à cette crise climatique, soulignant que les mesures actuelles ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Source : Le Monde avec AFP






