Ces maladies qui touchent davantage les femmes

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, CNRS Le Journal met en lumière les maladies qui touchent plus fréquemment, et parfois de manière plus sévère, les femmes par rapport aux hommes. Parmi celles-ci figurent la maladie d’Alzheimer, les maladies auto-immunes et certains cancers. Les chercheurs explorent diverses explications à ce phénomène.

Il est peu connu du grand public que certaines pathologies graves sont plus fréquentes chez les femmes. Comprendre les mécanismes moléculaires à l’origine de ces différences est essentiel pour développer des traitements adaptés au sexe du patient.

Les maladies auto-immunes, telles que la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde et le lupus, touchent particulièrement les femmes. Ces maladies sont causées par une immunité excessive qui attaque les propres tissus et organes de l’individu. Par exemple, la sclérose en plaques affecte la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses, tandis que le lupus peut toucher divers organes comme les reins et la peau.

Les femmes ont tendance à avoir des réponses immunes plus robustes que les hommes.

« Les femmes ont tendance à avoir des réponses immunes plus robustes que les hommes, » explique la biologiste Céline Morey, qui étudie les biais de sexe dans les maladies auto-immunes. « Cela leur permet de mieux répondre aux vaccins et d’être globalement plus résistantes à différents types de pathogènes. »

Cependant, cette forte immunité présente un revers : environ 80 % des patients atteints de maladies auto-immunes sont des femmes.

Chromosomes XX et immunité XXL

En 2024, Céline Morey et ses collègues ont démontré le rôle de l’inactivation du chromosome X. Les femmes possèdent deux chromosomes X, riches en gènes liés au système immunitaire. L’un de ces chromosomes est réprimé dans chaque cellule, mais certains gènes échappent à cette inactivation, ce qui pourrait entraîner une suractivation du système immunitaire.

Pour valider cette hypothèse, des souris femelles ont été génétiquement modifiées pour perturber l’inactivation d’un de leurs X. Les résultats ont montré des signes d’inflammation typiques du lupus, comme une augmentation de la taille de la rate et des cellules immunitaires dans le sang.

La prochaine étape pour les chercheurs consiste à identifier les gènes dont l’inactivation, lorsqu’elle est levée, contribue aux symptômes du lupus. « Cibler ces séquences pourrait réduire la gravité de cette maladie chez les femmes », ajoute la chercheuse.

Le rôle des hormones sexuelles

Les allergies, où le système immunitaire attaque des substances inoffensives, touchent également davantage les femmes. Selon des études, l’asthme allergique, qui est plus fréquent chez les garçons avant la puberté, touche deux fois plus de femmes à l’âge adulte, souvent sous des formes plus sévères.

Les androgènes, hormones souvent associées aux hommes, jouent un rôle protecteur contre l’asthme en inhibant certaines cellules immunitaires. Cela soulève des espoirs pour le développement de traitements ciblant ces mécanismes.

Des cancers plus sévères

En outre, certains cancers, auparavant considérés comme non hormonaux, montrent des liens avec les hormones féminines. Des travaux récents ont révélé qu’entre la puberté et la ménopause, 13 cancers sur 24 sont plus fréquents chez les femmes. Par exemple, les femmes de 20 à 54 ans ont jusqu’à deux fois plus de risques de développer un mélanome que leurs homologues masculins.

Les chercheurs ont également identifié des mécanismes biochimiques reliant les œstrogènes à l’augmentation du risque de dissémination des tumeurs, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.

La maladie d’Alzheimer, qui touche environ 1 million de Français, dont 60 % de femmes, est une autre pathologie préoccupante. Les femmes ont environ deux fois plus de risques de développer cette maladie, qui entraîne une détérioration progressive de la mémoire et des capacités cognitives.

La recherche sur les maladies présentant des biais de sexe est encore à ses débuts, mais les résultats préliminaires sont prometteurs.

Covid long et menstruations

Le Covid long, qui touche environ 4 % de la population, se manifeste par des symptômes persistants. Une étude récente a montré que chez les femmes, il peut également provoquer des règles plus abondantes ou prolongées, une observation qui nécessite encore des investigations pour établir un lien de cause à effet.

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Source : CNRS Le Journal

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