Sur le papier, l’égalité, dans la vraie vie, moins

Sur le papier, l’égalité salariale semble se rapprocher, mais dans la réalité, le chemin reste long.

Un récent rapport de la Banque mondiale, publié le 24 février 2026, révèle que « 4% des femmes dans le monde vivent dans des pays leur garantissant des droits économiques quasiment égaux à ceux des hommes ». Cette statistique souligne l’écart entre les lois et leur mise en œuvre effective dans de nombreux pays.

La Banque mondiale a évalué l’égalité économique dans 190 économies, obtenant une note moyenne de 67/100 pour l’adoption de lois. Cependant, cette note chute à 53/100 pour le respect de ces lois et à 47/100 pour l’existence des systèmes nécessaires à leur application. Cela indique que si de nombreux pays sont capables de rédiger des lois, leur mise en pratique est souvent insuffisante.

En France, l’égalité salariale est inscrite dans la loi depuis 1972. Pourtant, en 2024, les femmes du secteur privé perçoivent en moyenne un salaire 21,8% inférieur à celui des hommes, selon l’INSEE. Une partie de cet écart est attribuée à un temps de travail plus faible, les femmes occupant davantage de postes à temps partiel. De plus, la ségrégation professionnelle persiste, les femmes étant souvent concentrées dans des métiers moins valorisés.

Même en comparant des temps de travail identiques, l’écart salarial reste significatif, avec un salaire moyen des femmes inférieur de 14%. Bien que des progrès aient été réalisés depuis 1995, avec une réduction des inégalités d’environ un tiers, la diminution des écarts s’est ralentie. En 2024, la baisse est de 0,4 point, contre 0,9 point par an en moyenne entre 2019 et 2023.

Le rapport de la Banque mondiale met également en lumière un facteur souvent négligé : la sécurité des femmes. Les violences dont elles sont victimes quotidiennement constituent un obstacle majeur à l’égalité économique. Norman Loayza, directeur de la cellule Indicateurs de politique publique à la Banque mondiale, souligne que « le monde est loin du compte dans ce domaine. Un tiers seulement des législations nécessaires ont été adoptées, et, quand elles le sont, leur application est déficiente dans 80% des cas. »

En outre, l’accès au crédit pour les femmes entrepreneures reste limité, avec des règles juridiques similaires pour la création d’entreprise, mais un accès inégal au financement dans environ la moitié des pays.

Les services de garde d’enfants représentent un autre levier crucial pour favoriser l’égalité économique. Le rapport indique que moins de la moitié des 190 économies étudiées disposent de lois offrant un soutien financier ou fiscal pour les familles. Dans les pays à faible revenu, seulement 1% des dispositifs de soutien à la garde d’enfants sont en place.

Enfin, les inégalités salariales ont des conséquences à long terme, avec un écart de 27,2% entre les pensions de retraite des femmes et des hommes.

Le combat pour l’égalité salariale nécessite non seulement des lois, mais également des politiques publiques concrètes pour garantir l’accès à des services de qualité, la transparence des salaires et un soutien adéquat à la parentalité.

Source : Banque mondiale, INSEE.

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire