Le Sénégal sous le feu des cyberattaques

Le Sénégal sous le feu des cyberattaques

La question de la cybersécurité est devenue cruciale au Sénégal, où trois administrations centrales ont été ciblées par des cyberattaques en l’espace de six mois. La dernière en date, survenue le 10 mai, a affecté le système de la direction générale de la comptabilité publique et du Trésor, suscitant des inquiétudes au sein de la presse nationale et régionale.

Trois jours après l’attaque, le site ivoirien Afrik Soir a rapporté que plusieurs services demeuraient perturbés. Un groupe de hackers a réussi à subtiliser 70 gigaoctets de données, entraînant des conséquences significatives. Des opérations douanières ont été partiellement paralysées, ralentissant des activités économiques essentielles. De plus, des retards dans les paiements anticipés de salaires destinés à des agents publics, avant la fête de la Tabaski, ont provoqué mécontentement et inquiétudes parmi la population.

Souveraineté numérique

En octobre, une première cyberattaque avait déjà ciblé le site des impôts, suivie en février par le vol de 139 téraoctets de données à la direction de l’automatisation des fichiers. Ces données comprenaient des informations biométriques de citoyens sénégalais et des fichiers sensibles, qui ont été cryptés et transférés sur le dark web, comme l’a signalé Digital Business Africa.

Ces incidents soulèvent des interrogations sur la vulnérabilité numérique du pays et la capacité de l’État à faire face à cette menace croissante. L’ingénieur informatique Gérard Dacosta a souligné que « plus un pays se numérise, plus sa surface d’exposition augmente », et que les cybercriminels exploitent ces vulnérabilités.

Bien que le Sénégal fasse face à des défis, il n’est pas seul dans cette situation. D’autres pays africains ayant adopté des programmes de gouvernement électronique ont également subi des cyberattaques de grande ampleur. La densification des connexions Internet et l’adoption des paiements mobiles rendent les systèmes gouvernementaux particulièrement attractifs pour les cybercriminels.

Formation et sensibilisation

Pour améliorer la cybersécurité, il est essentiel de former les agents de l’État aux bases fondamentales de la cybersécurité, notamment la détection du phishing, la gestion sécurisée des mots de passe et la protection des données sensibles. Selon la société Aruo, spécialisée dans la cybersécurité, 80 % des Sénégalais ne maîtrisent pas les bases de la cybersécurité, et 75 % des entreprises ont été touchées par des cyberattaques.

Le Sénégal est en train de rattraper son retard en matière de numérisation, avec seulement 60 % de la population ayant accès à Internet, selon la Banque mondiale.

Source : Afric Telegraph, Afrik Soir, Digital Business Africa, SeneNews.

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