
Blocage des aérodromes : « Maintenir le lien entre nos populations n’est pas une option », alerte Charles Washetine
Après huit semaines de blocage des aérodromes des îles Loyauté, Charles Washetine, président du groupe Palika Îles et membre de l’Union pour l’indépendance, a adressé une lettre ouverte aux membres du conseil d’administration d’Air Calédonie ainsi qu’aux usagers, le mercredi 29 avril.
L’élu constate une crise de la desserte aérienne sans précédent, qui « porte gravement atteinte à l’intérêt général ». Il exprime ses inquiétudes concernant les conséquences sur la compagnie aérienne locale, actuellement placée en redressement judiciaire depuis le 14 avril. Washetine avertit que la liquidation de la société « serait dramatique », entraînant potentiellement le licenciement de 220 salariés, une « pression accrue sur nos régimes sociaux déjà fragilisés », ainsi qu’une « interruption durable de la desserte des îles Loyauté ».
Il souligne que « le transport aérien n’est pas un luxe, mais un maillon essentiel de la vie de notre pays ». Washetine accuse les collectifs à l’origine des blocages d’entraver le « droit fondamental de la libre circulation », ce qui « fragilise une population déjà vulnérable ». Selon lui, les personnes les plus touchées par cet enclavement sont les malades, les femmes enceintes, ainsi que les étudiants et lycéens.
« Dépasser les postures électoralistes »
Charles Washetine reconnaît la responsabilité de certains « choix stratégiques passés, dont l’opportunité interroge » dans la situation actuelle de la compagnie. Il mentionne notamment « l’acquisition de trois appareils supplémentaires et la construction d’un siège social au coût avoisinant le milliard de francs », qui semblent aujourd’hui « disproportionnées ».
Néanmoins, il insiste sur l’importance de « dépasser les postures électoralistes » pour se concentrer sur l’essentiel : la réhabilitation d’un service de transport fiable et accessible. Il conclut en affirmant : « Maintenir le lien entre nos populations n’est pas une option, c’est un devoir envers la citoyenneté calédonienne que nous appelons de nos vœux. »
Source : La Nouvelle-Calédonie.





