Même le CAC 40 s’intéresse à ce produit 100% Sud-Ouest capable de remplacer le plastique industriel dès 2026

Une PME du Sud-Ouest développe une résine biosourcée pour remplacer le plastique pétrolier

Une petite entreprise de dix personnes, basée à Anglet, a mis au point un produit innovant susceptible de remplacer le plastique pétrolier dans des secteurs variés tels que le luxe, le nautisme et le mobilier. Des entreprises du CAC 40 ont déjà commencé à passer des devis pour tester ce nouveau matériau.

Du pin maritime à la résine haute performance : le tour de force d’Ecopin

La startup basque Arrosia, installée au sein du générateur d’activité Arkinova, commercialise depuis 2021 une résine 100 % biosourcée, nommée Ecopin. Cette résine est fabriquée à partir de gemme de pin maritime, une résine naturelle récoltée par gemmage dans les forêts des Landes, une méthode ancienne presque abandonnée depuis les années 1950. Le processus de transformation est simple : la gemme brute est chauffée entre 110 et 130 °C, puis cristallisée en résine liquide injectable ou extrudable. Ce matériau est réutilisable à l’infini, sans solvant ni styrène, et offre un temps de séchage deux fois plus rapide que les résines pétrochimiques classiques.

Brevetée en 2020 et industrialisée dès 2021, Ecopin a reçu plusieurs prix d’éco-innovation. Selon France Bleu, des tests de produits concrets ont été engagés avec Arrosia par des entreprises du CAC 40, représentant une validation de marché significative pour cette PME.

Des chiffres qui donnent le vertige

L’impact potentiel d’Ecopin dépasse largement le Pays Basque :

  • 168 000 tonnes de résines plastiques sont consommées chaque année en France.
  • 30 000 tonnes de déchets de résines sont générés annuellement.
  • L’objectif européen de recyclage pour 2025 est fixé à 50 %.
  • La surface totale des forêts de pins maritimes dans les Landes s’élève à 950 000 hectares.
  • Chaque année, environ 300 tonnes de gemme de pin maritime sont disponibles dans les Landes.

La filière gemme landaise est actuellement sous-exploitée, et Ecopin pourrait lui offrir un débouché industriel direct, particulièrement pertinent dans un contexte où l’importation de matériaux d’Asie est de plus en plus remise en question.

Ecopin : des avantages mesurables pour l’industrie

Remplacer une résine pétrochimique par un matériau biosourcé présente des avantages techniques notables :

  • Un gain de poids de 15 à 20 % par rapport aux résines classiques.
  • Zéro COV ni styrène, contre 40 % dans les résines polyester standards.
  • Traçabilité complète de la forêt landaise au produit fini.
  • Pas de limite de pot-life, ce qui réduit le gaspillage et le stress en atelier.
  • Compatibilité avec les exigences RE2020 et les critères ESG des grands groupes.

Les secteurs ciblés incluent les planches de surf, les coques nautiques, le mobilier design, le packaging de luxe, ainsi que la construction.

Un écosystème basque dynamique

Ecopin ne se développe pas isolément. Le Pays Basque a constitué un cluster industriel regroupant 60 entreprises, 4 700 emplois, et générant 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans le secteur des plastiques et matériaux. Deux projets complémentaires méritent d’être mentionnés :

  1. IPARLA (lancé en mars 2024), qui vise à cartographier et recycler les déchets plastiques industriels localement.
  2. Plastigarbi (prévu pour mars 2026), un projet transfrontalier axé sur les plastiques marins et fluviaux.

Ces initiatives se complètent : IPARLA gère les flux existants, Plastigarbi assainit les littoraux, tandis qu’Ecopin remplace directement les résines pétrolières.

Industrialisation en 2026 : un tournant décisif

La prochaine étape pour Arrosia est l’industrialisation. Les tests avec les grands groupes du CAC 40 dans les secteurs du luxe et du nautisme devraient aboutir à des contrats en 2026. L’entreprise met en avant un savoir-faire unique et des valeurs environnementales qui résonnent avec les exigences des multinationales.

La question n’est plus de savoir si le biosourcé peut rivaliser avec le pétrochimique, mais plutôt à quelle vitesse le marché s’adaptera à cette innovation.

Source : France Bleu

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