Prendre conscience collectivement de la nécessité d’adapter nos environnements face au réchauffement climatique
Les canicules s’intensifient en température extrême, en fréquence et en durée sur l’ensemble des territoires (rapport du GIEC, mars 2023). Le changement climatique a des effets directs sur la santé, notamment avec une hausse de la mortalité liée aux vagues de chaleur. L’été 2025 a été marqué par plus de 24 000 recours aux soins d’urgence et 5 700 décès attribuables à la chaleur, et classé au troisième rang des étés les plus chauds depuis 1900, selon le dernier bilan « chaleur et santé » publié par Santé publique France. Si les personnes âgées restent les plus vulnérables, un tiers des décès imputables à la chaleur concerne des individus âgés de 45 à 75 ans. Plus largement, entre 2017 et 2025, près de 40 000 décès ont été attribués à la chaleur, tandis que plus de 175 000 passages aux urgences et 37 000 consultations à SOS Médecins ont été comptabilisés durant les étés 2014 à 2025. Ces impacts varient selon l’âge, l’état de santé, la vulnérabilité, la localisation géographique, le statut socio-économique et le type de résidence (logement ou quartier surchauffé, villes très artificialisées), comme l’ont montré plusieurs études de Santé publique France. Ces effets demeurent visibles chaque été malgré les mesures de prévention mises en place, dont l’efficacité reste limitée.
Bien que les données scientifiques sur les impacts des fortes chaleurs sur la santé soient disponibles, leur intégration dans les projets urbains, d’aménagement ou de construction/rénovation des bâtiments pourrait être améliorée. Cependant, leur application concrète se heurte souvent à des obstacles tels que les coûts, les normes, le manque de compétences et les délais.
Dans ce contexte, une journée de travail s’est tenue le 30 mars 2026 à Santé publique France, marquant le lancement officiel du réseau « chaleur-santé-bâti-urbanisme ». Cet événement a réuni divers organismes de formation et de sensibilisation des maîtres d’œuvre et des maîtres d’ouvrage pour prendre en compte les réalités du terrain et envisager des actions visant à protéger les populations des fortes chaleurs.
Pourquoi ce réseau ?
Pour Santé publique France et ses partenaires, l’objectif est que les membres du réseau « chaleur-santé-bâti-urbanisme » valorisent et accompagnent les données probantes afin que les maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage des secteurs de l’aménagement urbain ou de la construction/rénovation des bâtiments (élus, agents des collectivités territoriales, architectes, urbanistes, aménageurs, bailleurs sociaux, ingénieurs et promoteurs) intègrent davantage la dimension santé dans leurs projets. Une meilleure appropriation de la problématique de santé publique favorisera des décisions plus protectrices pour la santé, alors qu’actuellement, le confort d’été est souvent le critère principal pour remédier aux passoires thermiques. Bien que ce critère soit important, il est insuffisant pour garantir une qualité de séjour saine durant les vagues de chaleur.
L’objectif est de contribuer à la construction de bâtiments et de villes résilients face à la chaleur, en complément des actions de prévention, de promotion de la santé et de gestion.
- Le réseau Chaleur-Santé-Bâti-Urbanisme repose sur quatre axes :
- Fournir des données accessibles et actualisées sur l’enjeu chaleur-santé-bâti-urbanisme
- Définir des critères d’atteinte de l’objectif commun pour évaluer l’efficacité des actions menées
- Créer et renforcer le lien entre les acteurs de la santé et du bâti/urbanisme
- Développer des actions communes pour compléter les données existantes
Source : Santé publique France.





