
L’A10, une Révolution dans les Transports en Touraine : Ouverture le 11 Août 1971
Le 11 août 1971, l’autoroute A10 est officiellement ouverte à la circulation, marquant un tournant majeur dans les infrastructures de transport en Touraine. Ce projet, longuement débattu, a suscité des controverses sur son tracé et son impact sur le paysage local.
L’A10 devait initialement relier Paris à Tours en passant par Chartres, doublant ainsi la nationale N10. Cependant, un tracé plus oriental a été finalement retenu, passant par Orléans, Blois, Poitiers et Bordeaux. La question du passage près de Tours a été particulièrement délicate. Les décisions concernant l’axe autoroutier ont été largement influencées par la vision du maire de Tours, Jean Royer, qui a défendu un tracé éloigné de la Loire.
Dans les années 70, l’idéologie du « tout bagnole » dominait parmi les décideurs. Les autoroutes étaient perçues comme essentielles pour le développement urbain. À Tours, cela a conduit à la suppression d’anciennes infrastructures, comme le canal Loire-Cher, dont l’importance historique a été sacrifiée au profit de la modernité. Ce canal, creusé au début du XIXe siècle, avait perdu de son utilité avec l’essor du rail et a été comblé pour permettre la construction de l’autoroute.
Le choix de l’emplacement de l’A10 a également eu des implications politiques. Jean Royer, figure conservatrice, a voulu établir une barrière symbolique entre Tours et la commune voisine de Saint-Pierre-des-Corps, alors à majorité communiste. L’autoroute, en plus de modifier le paysage, a permis un réaménagement urbain important, avec la création de nouveaux logements sur des terrains précédemment inondables.
Concernant le trafic, à l’ouverture de l’A10, la circulation sur la RN10 a chuté de 10 000 véhicules par jour à 6 000. Toutefois, ce chiffre a rapidement augmenté, atteignant à nouveau 10 000 véhicules par jour en 1990, avec une proportion croissante de poids lourds.
L’A10 a donc non seulement transformé les déplacements dans la région, mais a aussi eu des répercussions durables sur son développement urbain et ses dynamiques politiques.
Source : Cédric Delaunay, « Grandes Dates de Touraine », Editions Nouvelle République.





