
La Zambie et le Zimbabwe se rebiffent contre les accords de santé de Donald Trump
Le Zimbabwe a été le premier pays d’Afrique à refuser de signer un accord bilatéral sur la santé proposé par les États-Unis, visant à compenser l’arrêt, en janvier 2025, des activités de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid). Cet accord prévoyait un montant de 367 millions de dollars (316 millions d’euros) sur cinq ans, sans précisions sur la répartition du financement entre Washington et Harare. Nick Mangwana, porte-parole du gouvernement zimbabwéen, a qualifié l’arrangement d’« asymétrique », dénonçant également les exigences de partage des données de santé des citoyens.
Mangwana a affirmé que « l’aide au développement devrait renforcer les nations, et non créer des dépendances ou servir de moyen d’extraction stratégique ». En réponse, l’ambassade américaine a indiqué qu’elle se préparait à réduire son assistance humanitaire au Zimbabwe, une situation jugée préoccupante par le Collège des médecins de santé publique du pays, qui craint des interruptions dans les traitements contre des maladies infectieuses comme le VIH.
La Zambie, quant à elle, a décidé de reporter la signature d’un accord similaire, tout en maintenant un dialogue avec le gouvernement américain. Le ministre de l’information zambien, Cornelius Mweetwa, a souligné que son pays avait d’autres partenaires potentiels, notamment la Chine.
Washington a déjà signé une vingtaine de ces accords bilatéraux, qui ont débloqué plus de 12 milliards de dollars d’aide pour lutter contre des maladies infectieuses et améliorer la santé maternelle et infantile. La majorité des signataires se trouvent en Afrique, où ces accords sont perçus comme un moyen de tester la nouvelle stratégie de santé mondiale « America First » présentée en septembre 2025.
Les inquiétudes autour de ces accords portent également sur les conditions de coopération, présentées comme des outils de négociation pour défendre les intérêts géopolitiques des États-Unis. En conséquence, des voix s’élèvent pour dénoncer une « administration rapace » qui pourrait transformer la santé en un simple instrument de pression.
Source : Le Monde




