
La papeterie vosgienne Clairefontaine s’équipe d’une chaudière électrique à 4 millions d’euros
Le groupe vosgien Exacompta Clairefontaine, producteur et transformateur de papier, a lancé un ambitieux projet de transformation énergétique de son site d’Étival-Clairefontaine. Après un investissement de 37 millions d’euros dans une chaudière biomasse, l’entreprise a récemment mis en service une chaudière électrique d’un coût de 4 millions d’euros. Ce nouvel équipement devrait permettre de réduire les émissions de CO₂ du site de 5 800 tonnes par an, soit une diminution de près de 8 %.
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La biomasse, « clé de voûte » de la transition
La chaudière biomasse de 20 MW, conçue par le fabricant danois Dall Energy, est le premier pilier de la décarbonation des Papeteries de Clairefontaine, mise en service en mai 2025. Après une phase de mise au point complexe, elle sera opérationnelle à plein régime dès juin 2025. À cette date, l’usine pourra éteindre l’une des deux chaudières au gaz actuellement utilisées pour produire la vapeur nécessaire au séchage du papier.
Jusqu’à 45 % d’émissions de CO₂ en moins grâce à la biomasse
L’utilisation de la biomasse permettra d’éliminer entre 25 000 et 30 000 tonnes d’émissions de CO₂, représentant environ 45 % des émissions totales du site. L’approvisionnement en combustible, constitué principalement de plaquettes forestières et de bois recyclé, a été sécurisé pour répondre aux besoins de la chaudière. À plein régime, cette installation fournira jusqu’à 25 tonnes de vapeur haute pression par heure, soutenant la production annuelle de 170 000 tonnes de papier.
L’électricité dans une chaudière : une technologie des années 30 pour l’avenir
En parallèle, les Papeteries de Clairefontaine développent une chaudière électrique d’une puissance de 27 MW. Cette technologie, dite « à jet », utilise la résistance de l’eau entre deux électrodes à 20 000 volts pour générer de la vapeur rapidement. Cette chaudière, capable de produire jusqu’à 37 tonnes de vapeur par heure, sera intégrée progressivement dans le processus de production.
Vers l’objectif 2030 : une transformation de « longue haleine »
La stratégie de décarbonation des Papeteries de Clairefontaine s’étend jusqu’en 2028, avec des projets visant à optimiser le système de chauffage de l’usine. L’entreprise prévoit de récupérer la chaleur des fumées de la biomasse pour réduire encore le recours au gaz. Cette approche s’inscrit dans un cadre plus large d’adaptation aux défis climatiques et aux exigences du marché du papier.
Des quotas carbone qui imposent d’agir
La politique de décarbonation du groupe est également guidée par les quotas carbone. Pour l’exercice 2025, Exacompta Clairefontaine a reçu près de 57 800 tonnes de quotas gratuits de CO₂. Cependant, les émissions des trois papeteries françaises du groupe ont atteint 44 766 tonnes au cours des six premiers mois de l’exercice, ce qui indique que les quotas disponibles pourraient s’avérer insuffisants.
Source : Le Journal des Entreprises.





