Piratage informatique de l’usine West Pharmaceutical :

La mesure des cyberattaques n’est pas prise au sérieux en France

L’usine pharmaceutique West Pharmaceutical, située à Nouvion-en-Thiérache dans l’Aisne, est à l’arrêt depuis lundi 4 mai. Après avoir subi une cyberattaque, la direction de la multinationale a décidé de mettre « ses systèmes hors ligne ». Une enquête est en cours. Un spécialiste explique pourquoi toutes les entreprises en France sont vulnérables face à ces attaques.

Sur le site de Nouvion-en-Thiérache, les salariés de cette usine de matériels médicaux, qui fabrique bouchons, pistons de seringues et protections d’aiguilles, n’ont plus d’activité depuis le 4 mai. Ce jour-là, un incident a été détecté sur le système informatique de l’entreprise. Un communiqué officiel de West Pharmaceutical Services a décrit la situation : « West a immédiatement activé ses protocoles de gestion de crise, notamment en mettant de manière proactive ses systèmes hors ligne afin de contenir l’incident. »

Actuellement, le site internet de West affiche un message indiquant que les fonctionnalités « Mon compte » et « Paiement » sont temporairement indisponibles. Cette paralysie informatique a des répercussions sur la production de l’entreprise. Les activités de l’usine ont été interrompues par mesure de sécurité, mais l’entreprise assure que « nos équipes progressent efficacement dans les opérations de restauration afin de rétablir pleinement les activités tout en limitant les impacts pour nos clients. »

Les autorités compétentes ont ouvert une enquête avec l’appui d’experts externes en cybersécurité. Les investigations se poursuivent pour déterminer la nature et l’étendue de l’incident, ainsi que l’impact potentiel sur les données de l’entreprise. L’attaque, qui touche le site de Nouvion-en-Thiérache et ses 773 salariés, pourrait également avoir infecté d’autres sites du groupe, dont le siège mondial se trouve à Exton, en Pennsylvanie.

La mondialisation du numérique a renforcé les risques de cyberattaques. En France, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information a recensé 1 366 incidents en 2025. Le dernier événement majeur a été la fuite de données de l’ANTS, où 11,7 millions de comptes pourraient être concernés suite à une intrusion informatique.

Cyril Drocourt, enseignant-chercheur en cybersécurité à l’UPJV, souligne que les mairies, conseils régionaux, lycées, hôpitaux et entreprises sont de plus en plus touchés par ces attaques. En octobre dernier, 80 % des lycées des Hauts-de-France ont subi un blocage général suite à un simple clic dans un mail. Drocourt déclare que les attaques se généralisent et touchent toutes les structures.

Les motivations des cybercriminels sont souvent financières, bien que certains recherchent également le défi. Drocourt met en garde : « La mesure des cyberattaques n’est pas prise au sérieux en France. Les moyens ne sont pas suffisants. Il est crucial de mettre en place des services spécialisés en cybersécurité dans chaque entreprise. »

Il conseille également de sauvegarder les données pour éviter qu’un délinquant ne prive l’entreprise de ces informations précieuses. Plusieurs petites entreprises ont mis la clé sous la porte après une cyberattaque, et il est devenu essentiel de se préparer, car la question n’est pas de savoir si une attaque se produira, mais quand.

Source : France Télévisions

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