La Martinique, terre de l'identité créole - C'est en France

La Martinique, terre de l’identité créole

Dans les départements d’Outre-mer, la langue et la culture créoles se dressent comme un rempart contre le racisme et l’uniformisation. Le concept de « créolité », élaboré à la fin des années 1980, s’inscrit dans la continuité de « la négritude » d’Aimé Césaire et de « l’antillanité » d’Edouard Glissant. Pour mieux appréhender cette identité complexe, des reporters se sont rendus sur l’île de la Martinique.

Quatre jours avant le mercredi des cendres, qui marque le début du Carême, « les jours gras » commencent en Martinique : une période de quatre jours dédiée à la fête et à la transgression. Le carnaval, événement majeur, convie toutes les classes sociales : riches, pauvres, locaux et touristes. Parmi les figures emblématiques de cet événement, on retrouve le roi Vaval, les diables rouges et Marianne La Po Fig, une créature mystérieuse fabriquée en feuilles de bananiers. Selon Marie-Lyne Psyché-Salpétrier, présidente de l’association Recherches et Traditions, Marianne La Po Fig fait partie du panthéon spirituel martiniquais, hérité des ancêtres africains, notamment des Yorubas.

Le philosophe Edouard Glissant désignait la Martinique, sa terre natale, comme « le creuset du monde ». L’île est le fruit de trois siècles de colonisation, marqués par le mélange d’Européens, d’Africains et d’Asiatiques, tandis que les autochtones amérindiens, appelés Kalinagos ou Caraïbes, ont presque disparu.

Ce métissage s’exprime aussi par la langue créole, longtemps associée à l’esclavage et prohibée dans les milieux scolaires et aristocratiques. Grâce à la musique et aux contes, le créole a évolué pour devenir un langage riche et souvent polysémique. Jocelyne Béroard, chanteuse du groupe Kassav’, défend cette poésie sur scène et en interview.

Pendant près de 30 ans, le Groupe d’études et de recherches en espace créole (GEREC) a œuvré pour établir des bases écrites du créole, publiant dictionnaires et romans. Ce travail vise à faire passer le créole de la sphère orale aux livres d’école et aux universités.

En 1989, Raphaël Confiant, Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau ont publié « Eloge de la créolité », un manifeste qui valorise l’identité créole comme une acceptation des diversités et une célébration des identités multiples. Pour Raphaël Confiant, « la créolité, c’est le contraire de l’apartheid ».

Source : France 24

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire