Les États-Unis révoquent les visas de responsables d’un grand quotidien costaricain

Les États-Unis révoquent les visas de responsables d’un grand quotidien costaricain

Nouveau coup dur pour le journalisme au Costa Rica. Le 2 mai, Washington a suspendu le visa d’entrée aux États-Unis de cinq des sept membres du conseil d’administration de La Nación, l’un des plus grands quotidiens du pays, rapporte El País América.

Cette mesure, qualifiée d’ »inédite » par le journal, s’inscrit dans un contexte où La Nación est régulièrement critiqué par le président Rodrigo Chaves (PPSD, droite). Alors que ce dernier doit céder le pouvoir le 8 mai, son rapprochement avec l’administration de Donald Trump semble de plus en plus évident. Sa successeur, Laura Fernández, qui prône une droite dure, devrait poursuivre cette ligne.

En rejoignant une liste noire américaine interdisant l’entrée sur le territoire des États-Unis, La Nación s’ajoute à un groupe de responsables politiques et médiatiques costaricains opposés au gouvernement Chaves, souvent qualifiés d’“ennemis de la patrie” en raison de leur position critique. Le quotidien a régulièrement publié des articles sensibles sur plusieurs affaires de corruption impliquant le président et son entourage.

Avant même l’accession de Rodrigo Chaves à la présidence en 2022, La Nación avait rapporté des accusations d’agressions sexuelles visant le dirigeant, alors qu’il travaillait à la Banque mondiale, rappelle The New York Times.

Recul de la liberté de la presse

Comme le souligne le journal costaricain La Teja, plusieurs organisations, dont le Collège des journalistes et l’Institut de la presse et de la liberté d’expression, se sont unies pour défendre la liberté d’expression et demander des explications au gouvernement face à cette situation critique.

Ces mesures répétées à l’encontre de la presse et des acteurs politiques du pays suscitent des inquiétudes quant à de possibles ingérences étrangères à l’avenir. Bien que la liberté de la presse au Costa Rica soit considérée comme « exceptionnelle » par rapport à d’autres pays d’Amérique centrale, elle a commencé à se détériorer ces dernières années. En 2021, le pays était classé cinquième mondialement en matière de liberté de la presse par Reporters sans frontières (RSF), mais a chuté à la 38e place aujourd’hui.

Source : El País América

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire