« En agriculture, les gens ne veulent pas lâcher » : comment la justice s’adapte aux exploitations en crise

En agriculture, les gens ne veulent pas lâcher

Face à une conjoncture économique difficile, la justice française adapte ses mécanismes pour soutenir les exploitations agricoles en crise. Le tribunal de commerce, bien que principalement axé sur les activités de négoce et de transformation, joue un rôle crucial en collaboration avec le tribunal judiciaire, qui gère les exploitations agricoles et viticoles.

Contexte factuel

La vice-présidente du tribunal, Florence Hénoux, souligne l’importance d’un règlement amiable agricole, qui doit être appliqué avant qu’un créancier n’assigne un agriculteur. Cette procédure de conciliation est une étape obligatoire, garantissant une protection particulière pour le secteur agricole en France. Hénoux précise : « Avant de demander la cessation d’activité d’une exploitation, on cherche une solution amiable. »

Données ou statistiques

Les exploitations agricoles en difficulté bénéficient d’une période d’observation de six mois en cas de redressement judiciaire, renouvelable une fois ou deux. De plus, les plans de redressement peuvent s’étendre sur quinze ans, contrairement à dix ans dans d’autres secteurs. En 2024 et 2025, 38 % des procédures collectives ouvertes concernaient des exploitations viticoles, alors que, pour les dix années précédentes, seulement cinq procédures avaient été enregistrées pour ce secteur. Florence Hénoux note également une augmentation de 75 % des dépôts de dossiers en un an, avec une concentration des difficultés dans la filière du cognac, touchant principalement les petites et moyennes exploitations.

Conséquence directe

Ce cadre juridique vise à aider les agriculteurs à rétablir leur situation financière en offrant des solutions adaptées, plutôt que de sanctionner. Hénoux insiste sur le fait que « le tribunal n’est pas là pour sanctionner mais pour aider, trouver une respiration », soulignant que la majorité des agriculteurs n’ont rien à se reprocher, leurs difficultés étant souvent liées à la conjoncture économique.

Source : Sud Ouest

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