La grossesse remodèle votre cerveau en profondeur… et ses effets durent des années

La grossesse modifie le cerveau des femmes de manière durable

Une étude récente menée par des chercheurs espagnols et néerlandais a révélé que la grossesse entraîne des modifications significatives et durables du cerveau maternel. Publiée dans la revue Nature Communications, cette recherche est la plus vaste à ce jour sur le sujet, impliquant 127 femmes scannées à cinq reprises, depuis avant la conception jusqu’à six mois après l’accouchement. Les résultats indiquent que le cerveau des mères se remodèle de manière systématique et cohérente, dépassant les attentes des scientifiques.

Modifications de la matière grise

L’une des découvertes majeures de l’étude est une diminution d’environ 5 % de la matière grise dans plusieurs régions du cerveau pendant la grossesse, atteignant son maximum dans les dernières semaines avant l’accouchement. Selon la professeure Susana Carmona, coautrice de l’étude, cette réduction peut être comparée à la taille d’un arbre : « Certaines branches sont coupées pour que l’arbre pousse plus efficacement. »

Les zones touchées par cette diminution sont spécifiquement liées à des fonctions telles que l’empathie, la conscience de soi et la perception des signaux sociaux. Après la naissance, le volume cérébral commence à remonter, atteignant environ 3,4 % de récupération à six mois post-partum, bien que cette reconstitution reste partielle.

Conséquences et implications

Ces modifications cérébrales ne se limitent pas à la grossesse, mais ont également des implications pour la qualité des liens mère-enfant. Une étude antérieure a montré que ces changements peuvent être détectés jusqu’à six ans après l’accouchement, avec une précision de plus de 90 % pour identifier les femmes ayant été enceintes.

De plus, les changements observés n’ont pas été constatés chez les partenaires de même sexe qui élevaient des enfants sans les porter, soulignant ainsi que ce sont les aspects biologiques de la grossesse qui sont à l’origine de ces transformations.

Les chercheurs ont également noté un lien entre les fluctuations hormonales, notamment les œstrogènes, et les variations du volume cérébral. Ces résultats rejoignent des recherches antérieures sur la façon dont les hormones de grossesse modifient le cerveau maternel et favorisent des comportements protecteurs.

En conclusion, cette étude ouvre la voie à de nouvelles recherches sur les conséquences de ces transformations cérébrales, notamment en ce qui concerne la dépression périnatale, touchant environ une femme sur cinq.

Source : Nature Communications

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