
Andrea Caroni relance l’idée d’une taxe sur l’immigration en Suisse
Alors que le débat s’intensifie à l’approche du vote sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions! » de l’UDC, qui vise à restreindre l’immigration, la proposition d’une taxe sur l’immigration refait surface à Berne. Andrea Caroni, vice-président du PLR, prévoit de soumettre cette idée au Parlement dans le cadre des prochains accords avec l’UE, selon des informations des journaux de Tamedia.
Caroni affirme que « les immigrés arrivent en Suisse dans un système déjà en place. On peut donc leur demander de payer quelque chose pour cela ». Les revenus de cette taxe seraient redistribués à la population. Il envisage cette taxe comme un outil que le Conseil fédéral pourrait utiliser en cas d’activation de la clause de sauvegarde.
Cette clause, précisée lors des négociations sur la libre circulation, permettrait de limiter temporairement l’immigration en provenance de l’UE en cas de « difficultés sérieuses d’ordre économique ou social », comme l’a indiqué le Conseil fédéral en mai 2025. Caroni est convaincu que l’UE accepterait cette mesure, la considérant comme une alternative moins radicale que le retour aux contingents pour les travailleurs européens, proposé par l’initiative de l’UDC.
Faisable mais très compliqué, selon Berne
Le Conseil fédéral n’est pas totalement opposé à cette idée. Dans un rapport publié le 6 mai, il souligne qu’une taxe sur l’immigration n’est « pas compatible » avec la libre circulation des personnes, car la Suisse ne peut pas discriminer les ressortissants de l’UE. Toutefois, intégrer une taxe via la clause de sauvegarde serait « juridiquement admissible », bien que cela reste inédit dans l’UE et complexe à mettre en œuvre. Le rapport conclut que de nombreuses questions concernant la faisabilité et la mise en œuvre nécessitent d’être approfondies avant toute introduction.
L’idée d’une taxe sur l’immigration n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été proposée en 2014 par le professeur Reiner Eichenberger de l’Université de Fribourg, qui suggérait que les nouveaux arrivants adultes versent entre 10 et 25 francs par jour pendant trois à cinq ans, en plus des impôts ordinaires. Plus récemment, le conseiller national Simon Michel a également proposé une taxe équivalente à 3 % du revenu pour toute personne s’installant en Suisse pendant onze ans, ce qui pourrait générer des recettes d’un milliard de francs par an.
Source : 20 Minutes


