
Au MR, la création du Centre Jean Gol s’est heurtée à la résistance de certains élus
Le gouvernement Degryse, composé du Mouvement Réformateur (MR) et des Engagés, a récemment annoncé la suppression des subventions destinées aux associations d’éducation permanente et aux centres d’archives ayant des liens explicites avec les partis. Cette décision soulève des interrogations quant à l’avenir des centres d’études politiques en Belgique, notamment le Centre Jean Gol (CJG), le centre d’études du MR.
Les conséquences financières de cette décision varient selon les structures. Par exemple, le Centre Georgin de Défi, qui ne compte qu’un seul employé, pourrait être gravement affecté par la perte de soutien financier. En revanche, le CJG, dont les collaborateurs ont été intégrés au cabinet de la présidence du parti, pourrait limiter les impacts de cette réforme.
Les centres d’études des partis, bien qu’ils n’aient pas d’existence juridique officielle, jouent un rôle essentiel dans le paysage démocratique belge. Leur mission a évolué au fil du temps, et le Centre Jean Gol est devenu un acteur central dans la « guerre culturelle » menée par Georges-Louis Bouchez, président du MR. Toutefois, la création de ce centre a rencontré des résistances au sein même du parti, certains élus craignant qu’il ne remplace les fonctions du cabinet du président.
Hervé Hasquin, dans ses mémoires, évoque la création du CJG en 2004-2005 comme une victoire, alors que son prédécesseur, le Centre Paul Hymans, était peu actif. Les réticences de certains libéraux à l’égard d’un centre d’études jugé trop puissant ont freiné son développement initial.
Sous la présidence de Bouchez, le CJG a connu une montée en puissance, avec des investissements significatifs après la victoire électorale du MR en 2024. Le centre a élargi ses thématiques, abordant des sujets sensibles comme le wokisme et l’islamisme, et a annoncé son intention de se déployer en Flandre, engageant des collaborateurs néerlandophones et publiant en bilingue.
La montée en puissance du Centre Jean Gol illustre que le combat électoral se joue de plus en plus dans le domaine des idées, remettant en question les stratégies basées uniquement sur le marketing. Ce phénomène est également observable chez les écologistes, qui s’appuient sur des structures comme Etopia et le centre Jacky Morael pour renforcer leur réflexion.
Les centres d’études représentent également des pépinières à talents, formant de futurs élus sur le plan doctrinal. Des figures politiques comme Thomas Dermine, Maxime Prévot et Olivier Maingain ont émergé de ces structures.
En conclusion, la situation actuelle des centres d’études, notamment le Centre Jean Gol, met en lumière les enjeux financiers et idéologiques auxquels font face les partis politiques en Belgique.
Source : La Libre.




