
La Chine met-elle sa constellation Jilin au service de l’Iran ?
Publié le 13/05/2026 à 22:51 – Mis à jour le 13/05/2026 à 23:32
La guerre entre Washington et Pékin se joue également dans l’espace, où chaque pays déploie des satellites de pointe. Les États-Unis soupçonnent la Chine d’avoir aidé son allié iranien à localiser des cibles militaires grâce à ces technologies.
En janvier, l’entreprise chinoise MizarVision commence à publier sur le réseau social Weibo, qui compte 500 millions d’utilisateurs, des images satellites de sites militaires américains au Moyen-Orient. Parmi ces images, celles de la base d’Al-‘Udeid, au Qatar, montrent des aéronefs stationnés, notamment des avions de transport C-17 et des lance-missiles Patriot.
Le 28 février, au premier jour d’un conflit, cette même base, qui héberge 10 000 soldats américains, est frappée par l’Iran. Des colonnes de fumée sont visibles sur les images, et à au moins trois autres reprises, des installations militaires américaines ont été ciblées par Téhéran après que MizarVision a diffusé des images satellites de ces sites.
Cette coïncidence soulève des questions : est-ce un hasard ou une indication que la Chine soutient l’Iran dans sa lutte contre les États-Unis ? À Washington, l’inquiétude est palpable, et le 8 mai, trois entreprises chinoises, dont MizarVision, sont placées sous sanctions américaines. Le département d’État déclare : « Les États-Unis vont continuer à agir contre les entités chinoises qui soutiennent l’Iran. »
MizarVision, basée à Hangzhou, achète des images capturées par les 170 satellites commerciaux de la constellation Jilin. L’entreprise utilise ensuite des algorithmes d’intelligence artificielle pour analyser ces images, spécialisés dans la reconnaissance d’objets tels que des avions et des navires.
Bien que la Chine nie toute implication dans le conflit, des experts estiment qu’il est peu probable que le gouvernement ignore que des entreprises privées comme MizarVision transmettent des informations stratégiques à l’Iran. Marc Julienne, directeur du Centre Asie à l’Institut Français des Relations Internationales, souligne qu’il existe un aval du pouvoir politique pour ces transmissions, étant donné que l’écosystème spatial en Chine est hautement stratégique.
En signe de la coopération croissante entre la Chine et l’Iran, le ministre des Affaires étrangères iranien a été reçu à Pékin récemment. La Chine a promis de « s’engager davantage pour la paix au Moyen-Orient », sans préciser les moyens envisagés.
Source : Franceinfo





