Keir Starmer, embourbé dans l’affaire Peter Mandelson, échappe à une enquête parlementaire

Keir Starmer échappe à une enquête parlementaire sur la nomination de Peter Mandelson

Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a échappé, mardi 28 avril, au lancement d’une enquête parlementaire concernant la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, une affaire controversée qui fait l’objet de débats depuis plusieurs mois.

Arrivé au pouvoir en juillet 2024, Starmer peine à éteindre la polémique entourant cette nomination, qui a suscité des critiques en raison des liens de Mandelson avec Jeffrey Epstein, un criminel sexuel notoire. Certains députés l’accusent d’avoir trompé le Parlement en affirmant que la procédure de nomination avait été respectée, tandis que l’opposition appelle à sa démission.

Mardi, après plus de cinq heures de débats, les députés ont voté contre le lancement de l’enquête, une motion portée par la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, qui a déclaré qu’il était « évident » que les déclarations de Starmer n’étaient « pas correctes ». Bien que la motion ait peu de chances d’être adoptée en raison de la majorité du Labour à la Chambre des communes (403 députés sur 650), le résultat – 223 pour et 335 contre – montre qu’un nombre significatif de députés travaillistes ont soutenu la motion, indiquant un mécontentement croissant au sein du parti.

La députée Emma Lewell a noté que la consigne de vote pour rejeter la motion a « alimenté l’idée terrible selon laquelle il y aurait quelque chose à cacher ». Le premier ministre a tenté de rassembler ses troupes en appelant à « rester unis » lors d’une réunion avec les membres du groupe parlementaire du Labour.

L’affaire Mandelson a pris un tournant mi-avril, lorsque des informations ont révélé que le ministère des affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Mandelson pour son poste, malgré un avis défavorable concernant ses antécédents. Starmer a déclaré ne pas avoir été informé de cet avis et a limogé Olly Robbins, le plus haut fonctionnaire du Foreign Office, pour ne pas l’avoir averti.

Devant la chambre des Communes, Starmer a reconnu avoir fait une « erreur de jugement » en nommant Mandelson, qui a été limogé en septembre 2025, mais a nié avoir trompé le Parlement. Il a également rejeté les accusations selon lesquelles Downing Street aurait exercé des pressions pour accélérer la nomination.

Starmer a qualifié le vote de l’opposition de « coup politique », à neuf jours d’élections locales, qui s’annoncent difficiles pour le Labour, confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK et du Green Party à gauche.

La dernière enquête parlementaire à laquelle un premier ministre a été soumis remonte à Boris Johnson, lors du scandale du « Partygate », qui a conduit à sa démission en 2023.

Dans la matinée, Morgan McSweeney, l’ancien chef de cabinet de Starmer, a témoigné devant une commission parlementaire, affirmant qu’il n’avait pas demandé aux responsables du Foreign Office de contourner les procédures lors de la nomination de Mandelson.

La police britannique a ouvert une enquête sur Mandelson, soupçonné d’avoir commis une faute dans l’exercice de ses fonctions, notamment en transmettant des documents sensibles à Epstein lorsqu’il était ministre de 2008 à 2010.

Source : Le Monde avec AFP

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