
Hantavirus : L’Argentine en quête de l’origine d’une épidémie sur le MV Hondius
À ce jour, il n’est « pas possible de confirmer l’origine de la contagion ». Alors que les investigations se poursuivent pour rechercher toute personne infectée en lien avec un rare foyer d’hantavirus qui a causé la mort de trois passagers d’un navire traversant l’Atlantique, l’Argentine a annoncé, le 7 mai 2026, que l’enquête pour retrouver l’origine de ce foyer s’annonce plus complexe que prévu.
La préoccupation des autorités argentines est forte : bien que le virus soit connu des spécialistes, le défi consiste à identifier son origine pour éviter une propagation. Le ministère de la Santé a déclaré dans un communiqué qu' »à ce jour, et au regard des informations fournies par les pays concernés et les organismes nationaux impliqués, il n’est pas possible de confirmer l’origine de la contagion », renforçant ainsi l’inquiétude.
Le ministère de la Santé local a annoncé qu’il cherchait à retracer l’itinéraire des deux passagers néerlandais décédés. Ce couple avait voyagé pendant quatre mois entre l’Argentine, le Chili et l’Uruguay, avant d’embarquer à bord du MV Hondius le 1er avril 2026. Plus de 120 jours à travers le continent compliquent le travail des enquêteurs.
Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, le couple voyageait pour des activités d’observation d’oiseaux, incluant des visites dans des zones où se trouve l’espèce de rat connue pour être porteuse du virus Andes. Cependant, le ministère argentin précise qu’il n’est « pas confirmé que la contagion ait eu lieu en Argentine », la province de la Terre de Feu n’ayant signalé « aucun cas d’hantavirus » depuis 1996.
Pour déterminer l’origine de la contamination, des scientifiques argentins se rendent à Ushuaïa, à la recherche de rongeurs potentiellement porteurs du virus. Les rats à longue queue, ou Oligoryzomys longicaudatus, principaux transmetteurs de la souche Andes, ne sont pas présents en Terre de Feu.
Le hantavirus est endémique dans plusieurs régions d’Argentine, avec un peu moins d’une centaine de cas par an en moyenne ces dernières années, principalement dans les provinces du nord-ouest, éloignées de la Terre de Feu. La souche Andes est présente dans des provinces patagoniennes comme Chubut, Rio Negro et Neuquén.
L’Argentine a déjà connu des épidémies de hantavirus, notamment en 2014, 2018 et 2019. Bien que cette souche soit rare, elle est particulièrement létale, avec un taux de mortalité de 40%. C’est le seul hantavirus connu à se transmettre entre humains, ce qui peut se produire lors d’un contact étroit.
Le risque de propagation du hantavirus pour la population mondiale est « absolument faible », a déclaré l’OMS le 8 mai. « Il s’agit d’un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée », a précisé un porte-parole de l’OMS. Toutefois, un nouveau cas d’hantavirus a été signalé à Bariloche, où un homme de 45 ans a été placé en quarantaine avec sa famille.
En 2026, trois personnes ont été contaminées par l’hantavirus en Argentine, dont une est décédée. Selon l’Organisation panaméricaine de la santé, l’Argentine demeure le pays avec le plus grand nombre de cas d’hantavirus en Amérique.
Source : Franceinfo





