
Le canal de Panama sous pression face à la guerre au Moyen-Orient
La fermeture du détroit d’Ormuz entraîne une hausse significative de la demande de pétrole et de gaz en Asie, provoquant des embouteillages dans le canal de Panama, où transite 5 % du commerce maritime mondial. Pour faire face à cette situation, les autorités panaméennes ont décidé d’organiser des ventes aux enchères afin de permettre aux navires de transport d’hydrocarbures d’obtenir plus rapidement un créneau de traversée.
Les compagnies de transport sont prêtes à investir jusqu’à 4 millions de dollars pour réduire leurs temps d’attente, le canal, fonctionnant avec un système d’écluses, n’étant en mesure d’effectuer qu’une quarantaine de passages par jour. Les supertankers, en particulier ceux destinés au marché chinois, s’accumulent aux abords du canal, conséquence directe de la fermeture du détroit d’Ormuz. Selon Sylvain Domergue, géographe et auteur de Géopolitique des espaces maritimes, « ils vont chercher du pétrole là où il y en a, c’est-à-dire dans la zone Amérique, golfe du Mexique ».
L’encombrement du canal est également dû à la forte demande en provenance d’autres pays asiatiques, comme le Japon et la Corée du Sud, qui cherchent à se procurer du pétrole dans cette zone, alors qu’il est moins accessible ailleurs.
Une ambition modérée
Le contexte actuel pourrait-il entraîner un rééquilibrage des points de passage des hydrocarbures ? Selon Sylvain Domergue, cela semble peu probable. Il estime que « nous ne allons pas assister à un rééquilibrage massif dans un premier temps, car la situation ne semble pas être un changement structurel, sauf si la fermeture d’Ormuz se prolonge indéfiniment, ce qui paraît douteux ».
De plus, la capacité limitée du canal de Panama freine ses ambitions. Les autorités locales ont averti que les 40 passages journaliers actuels constituent un maximum qui ne pourra pas être maintenu sur le long terme, garantissant ainsi une poursuite des enchères dans les jours et semaines à venir.
Source : RFI




