Hantavirus : autour d'Ushuaïa indifférente, la chasse au rat et à l'insaisissable virus

Des scientifiques argentins mènent des recherches autour d’Ushuaïa, en Terre de Feu, pour identifier un potentiel vecteur d’hantavirus, dans un climat d’indifférence tant chez les touristes que parmi la population locale, malgré l’alerte mondiale survenue il y a deux semaines. Ces recherches font suite à l’épidémie liée au navire de croisière Hondius.

Mardi matin, des biologistes locaux et des experts de l’Institut Malbran, venus de Buenos Aires, ont relevé de nombreux pièges installés la veille dans des zones boisées, y compris le Parc national de la Terre de Feu. Ils ont capturé environ 70 spécimens de rongeurs, principalement des rats à longue queue, un petit rongeur nocturne. Aucune déclaration n’a été faite aux journalistes présents, mais une source sanitaire locale a confirmé que le piégeage avait bien fonctionné.

Les chercheurs ont prévu d’installer jusqu’à 150 pièges durant au moins trois jours, avec l’espoir de récolter un échantillon représentatif pour des analyses de sang et de tissus, qui seront envoyées à l’Institut Malbran, référence en infectiologie et épidémiologie en Argentine.

À Ushuaïa, le port de gants et de masques semble plus lié à la protection contre le froid qu’à une crainte d’infection, alors que les températures avoisinent les cinq degrés en ce début d’hiver austral. Bien que le tourisme soit en baisse, des excursions en catamaran sur le canal de Beagle continuent d’attirer des visiteurs, dont certains ne semblent pas affectés par les récents événements liés à l’hantavirus.

Maria Julia Tadeo, une avocate argentine de 43 ans, a déclaré qu’elle n’avait pas envisagé d’annuler son voyage, espérant apercevoir des baleines dans la baie d’Ushuaïa.

« Les gens ici savent »

Les autorités de la Terre de Feu et les scientifiques locaux contestent l’hypothèse selon laquelle le « patient zéro », un Néerlandais ayant séjourné 48 heures à Ushuaïa avant d’embarquer sur le Hondius, aurait contracté le virus dans la région. Ils soulignent qu’il n’y a pas eu de cas d’hantavirus dans la province depuis 30 ans, date à laquelle la notification de la maladie est devenue obligatoire.

En revanche, la souche « Andes » de l’hantavirus, transmissible entre humains et identifiée dans le cas du navire, est présente dans des provinces plus au nord, comme Rio Negro et Chubut.

AFP

Une cage déposée pour piégéer des rats dans diverses zones boisées autour de la ville touristique d’Ushuaïa, dont le Parc national de la Terre de Feu, le 18 mai 2026

Cette mission est cruciale pour le tourisme d’Ushuaïa, qui attire jusqu’à 400.000 visiteurs par an, dont environ la moitié par le biais des croisières. Alejandra Contreras, serveuse dans un restaurant local, a affirmé qu’il n’y avait pas d’inquiétude parmi les habitants, qui savent qu’il n’y a pas d’hantavirus dans la région.

Les résultats des analyses devraient être disponibles dans un délai de quatre semaines, mais il reste à déterminer où le « patient zéro » a pu contracter le virus, après avoir navigué pendant quatre mois en Argentine, au Chili et en Uruguay.

Source : AFP

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