
Guerre au Moyen-Orient : les marges brutes des raffineurs ont-elles vraiment été multipliées par quatre depuis le début du conflit ?
Publié le 22/04/2026 à 08:44
Mis à jour le 22/04/2026 à 08:48
Temps de lecture : 3 min
En pleine flambée des prix du carburant due à la guerre au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, mardi 21 avril, une aide de 20 centimes d’euros le litre pour les « travailleurs modestes ». Le gouvernement demande également des efforts aux industriels du carburant, en leur demandant de remettre un rapport sur leurs marges. Cependant, selon Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise, l’État se trompe de cible. « Le problème, ce ne sont pas les marges à la distribution, ce sont les marges à la production et au raffinage », affirme-t-il. Ces marges ont été multipliées par quatre depuis le début de la crise.
Les chiffres de l’Union Française des industries pétrolières (UFIP) confirment cette affirmation. En effet, les marges brutes des raffineurs ont été multipliées par quatre depuis le début du conflit. Le 17 avril 2026, ces marges s’élevaient en moyenne à 123 euros la tonne, contre 32 euros la tonne deux mois auparavant, le 17 février 2026, juste avant le déclenchement de la guerre.
Cette hausse s’explique par la flambée des prix des carburants importés en Europe, notamment du gazole. Les raffineries européennes, détenues par TotalEnergies, Eni ou Shell, ne produisent pas suffisamment de gazole pour répondre à la demande. Avec la guerre, l’importation de gazole du Moyen-Orient est devenue impossible, forçant les acheteurs européens à se tourner vers d’autres pays, comme ceux d’Asie. Cela a entraîné une augmentation des prix, puisque le gazole est devenu une ressource rare.
Les raffineurs français ont ainsi réalisé des superprofits. Selon un rapport de Greenpeace, durant les trois premières semaines du conflit, les raffineurs français ont généré près de 12 millions d’euros de bénéfices chaque jour. La France se positionne au deuxième rang derrière l’Allemagne, où les raffineurs ont enregistré près de 24 millions d’euros de profits quotidiens.
Source : Union Française des industries pétrolières, Greenpeace.




