
Hausse alarmante des accidents et des morts au travail : les inspecteurs du travail en grève
Rassemblés devant la Cité Marianne de Lille, les agents des Hauts-de-France ont observé une grève le 28 avril 2026, à l’occasion de la journée internationale de la santé et de la sécurité au travail. À l’appel de la CGT, SUD et de l’Unsa, ces professionnels exigent des effectifs et des moyens supplémentaires pour faire face à une situation jugée critique.
La France affiche un taux d’accidents mortels au travail de 3,6 pour 100 000 travailleurs, le plus élevé d’Europe, selon Eurostat. Ce constat est d’autant plus tragique qu’un adolescent de 15 ans a perdu la vie lors de son stage en entreprise dans le Gard le 17 avril 2026.
Les syndicats soulignent que la modernisation de l’inspection du travail, entamée dans les années 2000, est aujourd’hui en recul. Delphine Ménard, inspectrice du travail, précise que le manque de moyens humains pèse sur la charge de travail, rendant difficile le traitement des dossiers liés aux risques psychosociaux et au harcèlement. Quatorze territoires dans le département du Nord sont particulièrement touchés par cette insuffisance d’effectifs, entraînant une dégradation du service public d’inspection du travail.
La situation a également des conséquences sur la santé des inspecteurs, avec une augmentation des arrêts maladie et des cas d’épuisement professionnel. Les syndicats réclament le doublement des effectifs ainsi que la titularisation de tous les contractuels pour assurer un service public de qualité.
En outre, le manque de moyens matériels est préoccupant. Clémence Liotard, mobilisée à Lille, dénonce des conditions de travail inadaptées et l’absence d’équipements de protection individuels pour intervenir sur des chantiers à risque.
Les syndicats espèrent que cette mobilisation incitera l’administration à remettre l’usager au cœur du système d’inspection du travail et à lui fournir les moyens nécessaires pour répondre efficacement aux sollicitations.
Source : France Télévisions




