FOCUS : gestion publique de la ressource en eau

Gestion publique de la ressource en eau : enjeux et recommandations

La récente inclusion d’un volet « eau » dans le projet de loi de simplification des normes en agriculture soulève des interrogations sur la gestion et le partage de cette ressource essentielle. Dans une note publiée en janvier 2026 par le Conseil d’analyse économique (CAE), les auteurs appellent à une refonte du modèle économique français de l’eau, jugé inéquitable. En effet, les exploitations agricoles représentent près de 60 % de la consommation nationale d’eau douce, tandis que leur contribution aux redevances ne dépasse pas 10 %.

Pour remédier à cette situation, le CAE propose de poursuivre le rééquilibrage amorcé par la réforme des redevances de 2025. Parmi les recommandations figurent le soutien à des projets de recharge des nappes souterraines et la construction d’infrastructures de stockage, conditionnées à des changements de pratiques. La note préconise également une contractualisation territoriale, engageant les parties prenantes à des objectifs chiffrés de réduction de la consommation d’eau.

Un article publié dans l’European Review of Agricultural Economics a également mis en avant l’acceptabilité de scores de sobriété hydrique auprès des agriculteurs du Maine-et-Loire. Les exploitations économes en eau pourraient bénéficier d’exemptions aux restrictions d’irrigation en période de sécheresse, mais des préoccupations concernant la confidentialité des données collectées subsistent.

Le rapport de mission sur l’agroécologie pour le Comité de bassin Adour-Garonne considère l’agroécologie comme une réponse aux enjeux hydriques actuels. Il propose un fonds de péréquation pour soutenir les exploitations pionnières dans l’adoption de pratiques agro-écologiques.

Par ailleurs, des scientifiques critiquent l’attribution quasi-exclusive de la responsabilité de la pollution azotée aux agriculteurs, soulignant que cette approche néglige les responsabilités des acteurs en amont et en aval. Ils appellent à une responsabilisation des entreprises agroalimentaires concernant les pollutions azotées.

Ces réflexions mettent en lumière la nécessité d’une gestion plus équitable et intégrée de la ressource en eau, impliquant tous les acteurs du secteur.

Source : Conseil d’analyse économique, 2026

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