
G7 Environnement : La question climatique absente pour ne pas froisser Washington
Le G7 consacré à l’environnement, ouvert jeudi 23 avril à Paris, a suscité des interrogations en raison de l’absence de discussions sur la question climatique, jugée trop délicate pour les États-Unis. « On a sept textes à l’approbation et les sept vont être approuvés », a déclaré Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique.
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Elle a souligné que les États-Unis étaient « très constructifs » et « extrêmement coopératifs », lors d’une promenade avec ses homologues en forêt de Fontainebleau, près de Paris. Le sommet se termine vendredi, avec pour priorités : le financement de la protection de la biodiversité, la préservation des océans, la sécurisation des ressources en eau, les liens entre désertification et sécurité, ainsi que l’accroissement de la résilience des territoires face aux risques naturels.
Monique Barbut a reconnu dans son discours d’ouverture que « la protection de l’environnement n’est plus la priorité internationale », en présence de ministres des pays industrialisés et de représentants d’autres nations, dont celles qui accueilleront les prochaines COP sur la désertification et la biodiversité.
Réchauffement climatique et énergies fossiles : Des sujets tabous
Des thèmes liés au réchauffement climatique ont été évités, Barbut admettant qu’aborder ces questions frontalement aurait pu compromettre la tenue du G7. Un autre sujet sensible, la sortie des énergies fossiles, a été discuté lors d’une réunion d’une cinquantaine de pays à Santa Marta, en Colombie, prévue du 24 au 29 avril.
Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat, a exprimé des réserves sur la capacité d’un G7 aligné sur les États-Unis à répondre aux crises contemporaines, soulignant l’importance d’une approche intégrant le climat et les inégalités de genre.
Un financement de 600 millions d’euros pour la biodiversité en Afrique
La France a proposé une initiative, « l’alliance pour le financement de la nature et des peuples », visant à encourager le financement public et privé pour la protection de la biodiversité. Une première concrétisation est attendue d’ici le sommet du G7 d’Evian en juin, avec un programme estimé à environ 600 millions d’euros, touchant 22 pays et 144 aires protégées. Sur ce montant, 400 millions proviendraient de fondations philanthropiques, dont la moitié de Rob Walton, héritier de Walmart.
Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, a salué l’inclusion du financement de la biodiversité dans les discussions, tout en insistant sur le fait que ces financements ne doivent pas compenser un désengagement des États, en particulier de la France.
Source : France 24



