Au Guatemala, la fin de l’ère Porras, la procureure qui défendait les corrompus

Au Guatemala, la fin de l’ère Porras, la procureure qui défendait les corrompus

Le 17 mai 2026, Maria Consuelo Porras a officiellement quitté son poste de procureure générale du Guatemala, marquant une étape clé dans un pays en proie à des tensions politiques croissantes. La veille, des manifestations ont eu lieu devant le ministère public, où des dizaines de personnes ont célébré son départ à l’aide de feux d’artifice, de mariachis et de piñatas à son effigie.

La fin du mandat de Porras, qui a dirigé le ministère public depuis 2018, revêt une importance nationale. Depuis le 5 mai, le quotidien La Hora a compté chaque jour les jours restants avant son départ, soulignant l’attente et les espoirs de nombreux Guatémaltèques. Porras, âgée de 72 ans, est accusée par divers acteurs guatémaltèques et internationaux d’avoir entravé la lutte contre la corruption, protégeant ainsi ce qu’ils appellent le « pacte des corrompus », une alliance informelle entre élus, oligarques et entrepreneurs, en lien avec le crime organisé.

Juan Francisco Sandoval, ancien procureur du parquet spécial contre l’impunité, exilé à Washington depuis 2021, a déclaré : « Le départ de Consuelo Porras marque la fin d’une période très difficile pour le ministère public. Autrefois considéré comme un acteur central de la lutte contre la corruption et l’impunité, le ministère public est devenu ces dernières années une entité fortement contestée pour son recours au droit pénal à l’encontre de procureurs, de juges, de journalistes, de défenseurs des droits humains et d’opposants critiques. »

Cette transition pourrait ouvrir la voie à une réévaluation des pratiques au sein des institutions judiciaires guatémaltèques et à une potentielle nouvelle dynamique dans la lutte contre la corruption.

Source : Le Monde

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire