
Exposition Matts Leiderstam à Paris : La grille et le regard
À la galerie Andréhn-Schiptjenko, Matts Leiderstam présente une nouvelle exposition intitulée La grille et le regard, qui poursuit une enquête sur les mécanismes de la vision et les récits de l’histoire de l’art. Cette exposition vise à relire les images tout en dévoilant leurs structures cachées.
Retour sur image pour mieux comprendre l’histoire de l’art
Matts Leiderstam, artiste scandinave, a évolué au cours des trois dernières décennies tant dans sa pratique que dans son approche conceptuelle. La grille et le regard s’inscrit dans un rapport personnel à une temporalité étendue, reprenant un projet initié il y a plus de vingt ans. Cette réexamen vise à approfondir notre compréhension de la manière dont nous construisons notre regard.
Le point de départ de l’exposition est le tableau de Claude Lorrain, Paysage avec Rebekah prenant congé de son père (1640–1641), conservé au Nationalmuseum de Stockholm. Une analyse radiographique a révélé une modification de la composition, notamment en ce qui concerne la position initiale du soleil. Pour Leiderstam, cette découverte n’est pas un simple détail technique, mais une opportunité d’appréhender l’œuvre sous un nouvel angle, mettant en lumière le processus créatif et les choix invisibles de l’artiste.
En revisitant ce motif en 2026, l’artiste ne cherche pas à restaurer une image, mais à déplacer le regard. Pour soutenir son propos, il propose une série de nouvelles peintures circulaires qui dialoguent avec des œuvres plus anciennes, créant ainsi un réseau de résonances entre archive, mémoire et production contemporaine.
La grille comme structure du visible
Au cœur de l’exposition, la grille agit comme un élément structurant. Héritage de la Renaissance, elle a longtemps servi d’outil de construction de la perspective. Cependant, pour Leiderstam, elle transcende sa fonction technique pour devenir un cadre critique. La grille structure le regard tout en révélant ce qu’elle dissimule. Sous son apparente neutralité se cachent des systèmes de pouvoir, des hiérarchies de visibilité, ainsi que des récits effacés, notamment ceux que l’artiste associe à des lectures queer de l’histoire de l’art.
Les œuvres présentées, telles que les séries Archived et Panel Paintings, ainsi que des diptyques photographiques, explorent cette tension entre structure et déviation. La grille y est à la fois présente et perturbée, stable et fissurée, constamment sujette à réinterprétation. Ce motif sert à interroger le regard normatif qui a longtemps dominé l’histoire de l’art.
L’exposition La grille et le regard de Matts Leiderstam est à découvrir à la galerie Andréhn-Schiptjenko à Paris, jusqu’au 23 mai 2026.
Source : Andréhn-Schiptjenko.



