Épilepsie : une thérapie non invasive par rayons X représente un nouvel espoir pour les formes résistantes

Épilepsie : une thérapie non invasive par rayons X représente un nouvel espoir pour les formes résistantes

Des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Grenoble Alpes (UGA) ont mis au jour une nouvelle voie thérapeutique pour traiter les épilepsies pharmaco-résistantes. L’administration fractionnée de microfaisceaux de rayons X a montré, sur une durée de deux mois, une réduction significative des crises chez des animaux traités, ouvrant la voie à une potentielle application clinique. Cette technique, non invasive, pourrait offrir un nouvel espoir à des patients souvent en quête de solutions. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Epilepsia.

En France, plus de 650 000 personnes souffrent d’épilepsie, dont près de la moitié ont moins de 20 ans. Cette maladie du cerveau se manifeste par divers symptômes, tels que des troubles de la cognition, du sommeil ou du langage, en plus des crises. Environ cinquante maladies épileptiques partagent un point commun : une excitation anormale et synchronisée d’un groupe de neurones dans le cerveau.

Actuellement, la majorité des épilepsies est traitée par des médicaments, qui ne sont efficaces que dans 60 à 70 % des cas. Un tiers des patients continue de subir des crises incontrôlées. Pour les cas de pharmacorésistance, une chirurgie ciblant la zone cérébrale affectée peut être envisagée, mais elle n’est applicable qu’à une minorité de patients. Les autres ont recours à des approches palliatives, dont la radiochirurgie stéréotaxique (Gamma Knife), qui, bien qu’utilisée, présente une efficacité de seulement 50 % et des effets secondaires notables.

Pour surmonter ces limitations, l’équipe de recherche du Grenoble Institut des neurosciences explore depuis dix ans une technique de radiochirurgie plus précise, appelée Microbeam Radiation Therapy (MRT). Cette méthode utilise un synchrotron pour diviser un faisceau de rayons X en microfaisceaux de 50 µm, permettant de cibler les zones affectées tout en préservant les tissus environnants. La MRT est en développement au synchrotron européen de Grenoble depuis les années 2000.

L’équipe a testé la MRT sur un modèle de souris présentant une épilepsie mésio-temporale, une forme résistante aux traitements médicamenteux. Les résultats montrent que l’irradiation de la zone cérébrale affectée réduit significativement la fréquence des crises pendant deux mois.

Les analyses histologiques indiquent que les tissus irradiés restent préservés, suggérant un rôle potentiel du remodelage vasculaire ou neuronal dans le mécanisme antiépileptique. Ces résultats précliniques constituent une preuve de concept encourageante. L’équipe travaille à optimiser les paramètres d’irradiation et à mieux comprendre les mécanismes d’action des microfaisceaux.

Antoine Depaulis, directeur de recherche émérite à l’Inserm, souligne que la MRT pourrait représenter une alternative thérapeutique efficace pour les formes d’épilepsie résistantes, mais qu’il est nécessaire de rapprocher cette technique d’un usage clinique. Des tests avec des mini-faisceaux, comme ceux produits par des irradiateurs à rayons X moins puissants déjà disponibles dans les hôpitaux, sont envisagés pour vérifier l’application du principe du fractionnement spatial sans synchrotron.

L’équipe espère que ces efforts de transfert technologique mèneront à une application clinique à moyen terme.

Source : Inserm

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