Fermeture du détroit d’Ormuz : Une opportunité pour l’Algérie
Depuis le 2 mars 2026, la fermeture du détroit d’Ormuz perturbe un des corridors énergétiques majeurs à l’échelle mondiale, par lequel transitent environ 20 % des flux internationaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette situation a conduit à des entraves significatives pour les producteurs du Golfe, tandis que l’Algérie, dont les exportations se font depuis la Méditerranée occidentale, bénéficie d’un avantage géographique.
Cet atout se traduit par un accès direct aux marchés européens, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. L’Union européenne demeure le principal débouché gazier de l’Algérie, absorbant une part importante de son pétrole brut. Deux gazoducs, le Transmed vers l’Italie via la Tunisie et le Medgaz vers l’Espagne, permettent au gaz algérien d’atteindre ses clients sans dépendre des routes maritimes instables. Le gazoduc Maghreb-Europe, en revanche, reste à l’arrêt depuis 2021 en raison de la rupture diplomatique entre Alger et Rabat.
Les finances publiques algériennes, déjà sous pression fin 2025, trouvent un nouvel élan grâce à cette conjoncture. En effet, les exportations d’hydrocarbures représentent en moyenne plus de 90 % des recettes en devises du pays et 60 % de ses recettes budgétaires. Le déficit budgétaire avait dépassé 10 % du PIB, et les réserves de change avaient chuté à environ 55 milliards de dollars à l’été 2025.
Cependant, les prix du pétrole ont connu une hausse significative, le Sahara Blend dépassant les 100 dollars en mars 2026, offrant ainsi une bouffée d’oxygène à l’économie algérienne. Cette remontée des prix entraîne une amélioration des recettes d’exportation et de la balance courante, renforçant les revenus gaziers dans un marché européen particulièrement sensible aux risques d’approvisionnement.
Des capitales européennes, telles que Rome et Madrid, ont rapidement réagi à cette dynamique. L’Italie et l’Espagne, qui reçoivent près de 30 % de leurs importations gazières d’Algérie, cherchent à accroître leurs achats. Le FMI a également relevé ses prévisions de croissance pour 2026, plaçant l’Algérie parmi les pays susceptibles de bénéficier de cette crise.
Pourtant, cette situation peut n’être qu’un répit temporaire. L’Algérie reste confrontée à des défis structurels, notamment une dépendance excessive aux hydrocarbures et une nécessité de diversification économique qui demeure inachevée. La crise actuelle, bien qu’offrant une opportunité, ne modifie pas les équations fondamentales auxquelles le pays fait face.
Source : Orient XXI






