
Des petites écoles forcées de se réinventer
Publié le 07/05/2026 à 17:14, mis à jour le 07/05/2026 à 18:25
L’Éducation nationale prévoit une diminution de 1,7 million d’élèves dans les dix prochaines années. Face à cette situation, certaines communes, comme Caurel dans les Côtes-d’Armor, mettent en place des solutions innovantes.
Au cœur de la Bretagne se trouve la plus petite école des Côtes-d’Armor, qui compte une seule classe et un enseignant pour 13 élèves. Nicolas Buaillon, l’enseignant en charge, décrit la diversité des niveaux d’apprentissage : « Il y a ici deux CM2, un CE1, ainsi que des élèves en CE1-CE2-CM1 mélangés et des maternels. Cela demande une certaine gymnastique, mais les élèves, qui reviennent chaque année, deviennent assez autonomes, ce qui permet de progresser à leur rythme. »
Cependant, cette sérénité a été brusquement perturbée il y a un mois et demi, lorsque l’académie de Rennes a annoncé la suppression du poste de professeur, menaçant ainsi la fermeture de l’école. Jean-Louis Martignet, maire de Caurel, souligne l’importance de l’établissement pour la communauté : « Notre école, c’est la vie du village. De nombreux jeunes s’installent ici grâce à l’école. Si elle ferme, ils ne viendront plus. »
Suite à des manifestations, des pétitions et des lettres adressées au Premier ministre, le poste a finalement été maintenu. Les enfants continueront d’étudier à Caurel, mais pour combien de temps ? Marjolaine Bouchain, parent d’élève, exprime ses inquiétudes : « Avec ce qu’il vient de se passer, nous pourrions perdre facilement cette école. Nous allons devoir redoubler d’efforts pour attirer d’autres élèves. »
À 15 km de là, la situation est moins favorable. Le plus petit collège de Bretagne a fermé ses portes en août 2024, entraînant le transfert de ses 80 élèves dans une autre ville. Olivier Allain, le maire de Corlay, recherche un repreneur pour l’établissement. Parmi les candidats, un entrepreneur local spécialisé dans la transformation de légumes bio souhaite redonner vie au collège, motivé par des liens personnels : « Nos deux enfants ont étudié ici, c’est pourquoi nous voulons lui redonner des perspectives. »
En attendant une décision, la commune continue d’entretenir le site, ce qui représente un coût annuel de 20 000 euros.
Source : Franceinfo.





