
Césarienne : Impact du sexe du bébé sur les risques de maladies à long terme
Naître par voie naturelle ou par césarienne a des conséquences distinctes sur la santé des nouveau-nés. Des études ont révélé que la césarienne peut modifier la colonisation microbienne et la formation du microbiote, éléments essentiels pour la santé future de l’enfant. Les recherches indiquent que certaines maladies non transmissibles, telles que les allergies, l’asthme, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et l’obésité, sont souvent liées à des altérations du microbiote intestinal.
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Filles et garçons : des réponses biologiques différentes
Des études montrent que les filles et les garçons réagissent différemment aux modifications du microbiote. Par exemple, l’asthme est plus fréquent chez les filles nées par césarienne que chez celles nées par voie basse, tandis que le risque d’obésité est plus élevé chez les garçons nés par césarienne. En ce qui concerne les troubles neurodéveloppementaux, les garçons nés par césarienne présentent un risque accru de TDAH et de troubles du spectre autistique, tandis que les filles montrent un risque supérieur de retard moteur.
Une vulnérabilité accrue à la colite chez les mâles
Pour explorer l’interaction entre le mode d’accouchement et le sexe, des chercheurs de l’Inrae ont mené des études sur des souris. Publiés dans Gut Microbes, leurs résultats montrent que le mode d’accouchement exerce une influence significative sur la signature immunitaire et microbienne des souris, indépendamment de leur sexe. Toutefois, en grandissant, les souris mâles nées par césarienne développent une sensibilité accrue à la colite à l’âge adulte, une maladie liée à l’inflammation chronique de l’intestin.
Importance des métabolites microbiens et de la barrière intestinale
Les recherches indiquent une différence dans la production de butyrate, un métabolite bactérien bénéfique, entre les sexes. Chez les mâles, une altération de la résistance des cellules intestinales est observée, entraînant une perméabilité accrue de la barrière intestinale, un phénomène souvent désigné par le terme « intestin passoire ».
Ces résultats soulignent l’importance de considérer à la fois le sexe et l’empreinte microbienne précoce pour prévenir les maladies intestinales chez les enfants nés par césarienne.
Saviez-vous ?
Environ 21 % des naissances dans le monde et plus de 40 % dans certains pays, comme le Brésil, sont pratiquées par césarienne. Les projections estiment qu’en 2030, ce taux pourrait atteindre près de 30 %. En 1985, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé que les taux de césarienne restent inférieurs à 10-15 %.
Prochaines étapes : identifier les probiotiques qui pourraient être bénéfiques pour les bébés nés par césarienne et élargir les recherches à d’autres maladies, comme l’asthme, pour mieux comprendre l’impact du mode d’accouchement et du sexe sur la santé à long terme.
Source : Futura Sciences





