TÉMOIGNAGE.

« Les enfants ont peur qu’on perde notre maison »

Le démantèlement du hameau de Fleurance, situé dans le quartier des Ramassiers à Toulouse, a débuté le mardi 5 mai. Bien que plusieurs familles de gens du voyage sédentarisés aient accepté un relogement, d’autres habitants vivent cette transition avec une profonde inquiétude. Les fissures visibles sur les façades, les maisons fragilisées et la peur d’accidents alimentent les tensions dans un quartier où la situation perdure depuis près d’une décennie.

Dans le quartier des Ramassiers, les résidents du Hameau de Fleurance subissent depuis quelques jours les vibrations des engins de chantier. Le démantèlement des habitations, qui occupe ce secteur depuis de longues années, est une étape attendue par les pouvoirs publics, mais qui engendre une forte anxiété parmi les riverains et les habitants concernés.

« On a peur que notre maison s’affaisse »

Des maisons mitoyennes sont déjà en cours de destruction, tandis que des familles demeurent dans les logements voisins. « On a peur que notre maison s’affaisse ou qu’elle finisse fissurée de partout », confie une habitante. D’autres évoquent des murs instables, des vibrations permanentes et la crainte d’accidents pendant les travaux. Les enfants, eux aussi, vivent cette période dans l’angoisse. « Ils ont peur qu’on perde notre maison », raconte une mère de famille.

Les problèmes sanitaires, déjà présents dans le quartier, suscitent également des inquiétudes. Un résident déclare : « On a déjà des rats. Avec les maisons détruites, on a peur qu’il y en ait encore plus. »

Un dossier sensible

Depuis plusieurs années, les familles attendent un relogement dans le cadre du réaménagement du secteur. Cependant, beaucoup d’entre elles ne savent toujours pas où elles seront installées. « On nous dit que ça avance, mais on ne sait toujours pas où on ira ni quand on devra partir », déplore une habitante, pointant un manque de visibilité sur la situation.

Le maire de quartier, Jean-Jacques Bolzan, avait annoncé en mars que les premières maisons du Hameau de Fleurance seraient détruites dans le courant du mois d’avril, et que « sept familles volontaires » seraient relogées dans d’autres logements sociaux. Interrogé cette semaine, l’élu a confirmé le début des travaux et a assuré que les services de la Ville suivent le chantier avec vigilance.

Une situation précaire

La mairie reconnaît la difficulté de la situation tant pour les familles concernées que pour les riverains. Une recherche active de logements sociaux est actuellement menée pour accélérer les déplacements des habitants volontaires. Des associations accompagnent également les familles dans leurs démarches administratives et sociales, cherchant à maintenir les groupes familiaux ensemble lors des futurs relogements. « Ici, tout le monde se connaît, les enfants grandissent ensemble », insiste une mère de famille.

Malgré les réunions organisées ces derniers mois, de nombreux habitants se disent encore en attente d’informations concrètes sur le calendrier des relogements et les conditions de départ.

Source : La Dépêche

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