
Le monde de la Cyber va-t-il connaître sa SaaSpocalypse ?
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En février 2026, les actions des éditeurs de solutions SaaS s’effondrent en bourse. Salesforce a perdu 42 % de sa valeur, Adobe 40 %, tandis que ServiceNow, SAP et Shopify sont également touchés. Plus de 1 000 milliards de dollars se sont évaporés en l’espace de quelques heures. Cette chute fait suite à l’annonce de Claude Cowork, l’offre agentique d’Anthropic.
Valeur emblématique du SaaS, l’action Salesforce peine toujours à remonter. À 173 dollars, son cours est désormais bien loin de son plus haut historique du mois de mai 2026 où elle était échangée à plus de 290 dollars. Marc Benioff a réagi le 19 avril, estimant que les investisseurs qui ont misé à la baisse se trompent à propos de Salesforce et que, bien au contraire, l’IA va rendre sa plateforme plus pertinente.
Une menace sur le business model du SaaS
Pour les analystes, l’accélération du déploiement de l’agentique constitue une menace directe au business model des éditeurs SaaS qui facturent encore largement leurs clients au nombre d’utilisateurs humains. Remplacer les humains par des agents remet en cause ce modèle, et les éditeurs commencent à adapter leur modèle de licensing. Mark Moffat, CEO de l’éditeur d’ERP IFS, a déclaré vouloir proposer un nouveau mode de licensing basé sur des mesures alternatives, comme le nombre d’usines gérées ou d’avions maintenus.
Actuellement, de nombreux éditeurs, Microsoft en tête, augmentent les prix de leurs licences par utilisateur pour donner accès aux IA. L’avenir dira qui a raison.
Une menace systémique sur le monde du logiciel
L’autre menace qui pèse sur les applications SaaS est existentielle : si les processus industriels, achats et CRM sont assurés par des agents, le rôle des applications elles-mêmes pourrait se limiter à être de simples silos de données. Romaric Philogène, co-fondateur de la plateforme Qovery, résume ce risque : « Si une plateforme interfacée à une IA peut être remplacée, c’est qu’elle n’apporte pas suffisamment de valeur. »
Il y a un an, SAP a tenté de convaincre qu’il ne comptait pas devenir un simple référentiel pour les plateformes agentiques. Cependant, la menace demeure : si une entreprise opte pour la plateforme agentique de Microsoft ou d’AWS, l’intelligence métier s’éloigne de SAP. Ce dernier a durci l’accès à ses API pour les agents IA tiers, officiellement pour des raisons de sécurité et de stabilité.
Un impact dans la Cyber plus positif qu’apocalyptique
Eric Domage, analyste senior spécialisé en cybersécurité, souligne que le mode SaaS deviendra le mode de consommation des applications cyber quasi exclusif d’ici dix ans. Tous les éditeurs majeurs intègrent des IA agentiques à leurs solutions. L’éditeur français HarfangLab consacre déjà 10 % de sa R&D à l’IA.
Pour l’instant, la plateforme HarfangLab n’expose pas de serveur MCP et ne peut être pilotée par un agent externe. Anouck Teiller, Directrice générale adjointe de HarfangLab, a exprimé la nécessité de définir le périmètre de responsabilité de chaque solution.
L’éditeur américain Elastic, quant à lui, a déjà déployé l’agentique sur ses trois plateformes. Yannick Fhima, directeur des Solutions de Données d’Entreprise pour la région EMEA Sud, estime que cette intégration permet de réagir aux attaques entrantes et de mettre en place des automatisations.
Conclusion
L’automatisation des SOC et la détection d’incidents reposent déjà sur l’IA depuis longtemps, et l’intensité de cette automatisation sera bouleversée par l’IA agentique. Cependant, l’IA ne remplacera pas l’humain dans la cybersécurité, mais elle transformera le travail des entreprises de services numériques.
Source : INCYBER NEWS.






