
Titre : Une voix juive critique du sionisme se fait entendre en France
Un groupe d’intellectuels et d’artistes juifs en France a récemment exprimé son rejet de la définition unidimensionnelle de l’identité juive imposée par certaines institutions, comme le CRIF et l’ambassade d’Israël à Paris. Dans une déclaration, ils affirment que leur judéité ne devrait pas se réduire à une allégeance à un État, mais qu’elle doit inclure une pluralité d’histoires et de perspectives.
Ces signataires, parmi lesquels des réalisateurs, des universitaires et des artistes, se réfèrent à l’histoire du Bund, un mouvement ouvrier socialiste juif né en 1897 en Lituanie. Ils soulignent que le Bund ne voyait pas les juifs comme une nation destinée à avoir son propre État, mais comme un peuple vivant en diaspora, avec ses propres luttes et cultures.
Ils affirment aussi que l’antisionisme juif n’est pas une position récente, mais qu’il remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque divers groupes juifs, incluant des religieux et des socialistes, s’opposaient au sionisme. Les bundistes, par exemple, considéraient l’émigration vers la Palestine comme une fuite, et non comme une solution à la question juive.
Tout en reconnaissant le droit d’Israël à exister, ces voix critiques s’opposent à la politique sioniste contemporaine, notamment en ce qui concerne l’expansion territoriale et l’occupation de la Cisjordanie. Ils mettent en avant la nécessité de respecter les droits fondamentaux des Palestiniens et affirment leur solidarité avec ceux qui souffrent dans les territoires occupés.
Cette position s’inscrit dans un cadre plus large de lutte contre le racisme et les inégalités, rejetant l’idée que le sionisme est la seule voie pour le peuple juif. Ils insistent sur le fait qu’il existe d’autres fidélités, notamment à la diaspora et à une identité juive ouverte et éthique.
En conclusion, ces voix juives appellent à une réflexion profonde sur l’identité juive, la mémoire collective et les droits des peuples, affirmant que la judéité ne peut être réduite à une simple allégeance nationale.
Source : Texte collectif co-signé par Michaël Sztanke, Vincent Sornaga et d’autres intellectuels.






