
Dans l’Eure, ce village se bat pour garder son bureau de poste
Le service public se retire progressivement des villages. À Boissey-le-Châtel (Eure), les élus s’opposent à la fermeture de leur bureau de Poste, déjà menacée par La Poste à plusieurs reprises.
La première tentative de fermeture remonte à 2009. Pascal Lamotte, adjoint au maire à l’époque et toujours en fonction en 2026, avait mobilisé la communauté pour contrer ce projet. « Il y avait eu un arrangement avec l’épicier du coin pour faire un dépôt », se souvient-il. Grâce à une forte mobilisation, l’initiative de fermeture avait été abandonnée.
En 2023, La Poste a de nouveau proposé une alternative au bureau de poste, mais face à la résistance des habitants, elle n’a pas insisté. Cependant, selon Pascal Lamotte, une nouvelle menace plane : « La fermeture du bureau de Boissey est dans les tuyaux au niveau régional. »
Pour justifier cette potentielle fermeture, La Poste évoque une fréquentation jugée insuffisante. Un argument que Lamotte conteste, affirmant que les horaires d’ouverture limités (de 9 h 30 à midi et fermeture le samedi) dissuadent les usagers. « Ils font tout pour que personne ne puisse venir », critique-t-il.
La situation suscite l’inquiétude des élus locaux, dont le nouveau maire, Geoffrey Goethals, ainsi que du sénateur Hervé Maurey et du député Philippe Brun, qui soutiennent la lutte pour maintenir le service postal.
En fin 2025, Lamotte a lancé une nouvelle campagne de pétitions pour sensibiliser la population sur l’importance du bureau de poste, qui pourrait être remplacé par une agence postale communale ou un dépôt chez un commerçant, deux options jugées inacceptables par l’adjoint. « Si le bureau ferme, le distributeur de billets disparaîtra également », prévient-il, soulignant que son remplacement serait trop coûteux pour la commune.
La mobilisation des habitants est forte, avec 400 retours de pétitions, dont la quasi-totalité demande le maintien du bureau de poste. Une réunion entre les élus et le service départemental de La Poste est prévue prochainement.
Contactée, La Poste a fait état d’une baisse de la fréquentation de plus de 44% depuis 2016, avec moins de 10 clients par jour. Elle envisage de transformer le bureau en agence postale communale ou en relais poste commerçant, tout en affirmant que le distributeur de billets, peu fréquenté, pourrait être remplacé dans ces nouveaux formats.
La Poste souhaite désormais dialoguer avec la collectivité pour trouver des solutions adaptées aux besoins des habitants.
Source : Le Courrier de l’Eure





