« Ici, on a droit à la parole » : dans ce village, c’est l’assemblée citoyenne qui prend les décisions

Ménil-la-Horgne (Meuse), reportage

Dans le village de Ménil-la-Horgne, une trentaine d’habitants se sont réunis le 17 avril dernier pour une assemblée citoyenne, marquant la première depuis la réélection du maire Claude Kaiser. Ce dernier, 61 ans, ancien fonctionnaire des finances publiques, a été réélu par un conseil municipal de onze membres. Sur les 180 résidents du village, cette assemblée a pour but de permettre aux citoyens de participer activement aux décisions locales.

Lors de cette réunion, des propositions ont été discutées, notamment l’ouverture d’une épicerie communale inspirée d’une initiative à Maxey-sur-Vaise. Cependant, des préoccupations ont été soulevées concernant la difficulté à trouver des volontaires pour gérer le projet, ce qui a conduit à son ajournement après un vote à main levée.


Une trentaine d’habitants se sont réunis dans la salle des fêtes pour cette assemblée citoyenne.
© Coline Léger / Reporterre

Les assemblées citoyennes, instaurées en 2020, se tiennent environ une fois par trimestre. Elles rassemblent non seulement les habitants, mais aussi ceux qui contribuent à la vie du village, comme des professionnels locaux. L’objectif est de prendre des décisions collectives sur des projets variés, allant de l’embauche d’un employé communal à des travaux d’aménagement.

Participation fluctuante

La participation à ces assemblées varie, atteignant jusqu’à 80 personnes lors de discussions importantes, comme le rachat d’un gîte. En revanche, certaines réunions n’attirent qu’une vingtaine de participants, selon les événements sportifs en cours. Une boîte à idées, située dans la rue centrale, permet aux citoyens de soumettre des sujets à l’ordre du jour.


Ménil-la-Horgne compte 180 habitants.
© Coline Léger / Reporterre

Les sujets abordés lors des assemblées incluent des propositions de vote à partir de 16 ans, la création d’une gazette locale, et des projets d’infrastructure. Les discussions se déroulent dans un esprit de respect mutuel, permettant une évolution des opinions au fil des débats. Les décisions sont prises à la majorité, avec un quorum fixé à 15 participants, et les voix des membres du conseil municipal sont égales à celles des autres citoyens.

Les délibérations adoptées par l’assemblée citoyenne sont ensuite soumises à l’approbation du conseil municipal. Johan, un participant régulier, a souligné l’importance de ce processus : « Ici, on a droit à la parole. Les décisions ne sont pas prises dans le dos des gens ! »


Lors des votes à main levée, les voix de l’équipe municipale élue ne pèsent pas plus que celles du reste des habitants.
© Coline Léger / Reporterre

Au cours du dernier mandat, plus de 80 projets ont été lancés, soutenus par un budget de fonctionnement d’environ 200 000 euros. Cette dynamique a permis d’accélérer l’avancement des dossiers, selon l’ancien maire Claude Bouchot. La démocratie directe a également conduit à des initiatives écologiques, comme la création d’un verger communal et des compromis pour la plantation de haies.

Initiatives écologiques

Des panneaux solaires seront installés le long de la RN4 pour fournir de l’électricité à prix coûtant aux habitants, complétés par un système hydraulique. Le village envisage également d’acquérir une éolienne, s’inspirant d’initiatives similaires dans d’autres communes.

Cependant, l’assemblée citoyenne ne fait pas l’unanimité. Certains habitants expriment des doutes quant à son efficacité, craignant qu’elle ne soit qu’une vitrine. Le maire, Claude Kaiser, reste convaincu des bénéfices de cette approche participative et prévoit de continuer à en faire partie, même après son mandat.

Cette expérience pourrait inspirer d’autres communes, car une quinzaine de maires, dont plusieurs dans la Meuse, ont été élus récemment avec l’intention de créer des assemblées citoyennes.

Source : Reporterre

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