
Les filles prennent à nouveau du retard sur les garçons en mathématiques dans le monde
Les inégalités de genre dans l’apprentissage des mathématiques ont recommencé à s’accroître au niveau mondial. Après des années de progrès, les filles prennent à nouveau du retard en mathématiques, selon une étude de l’Unesco publiée le 23 avril 2024. En 2023, la proportion de pays où les garçons surpassent les filles en fin de primaire a atteint un niveau inédit depuis près de trois décennies.
L’Unesco souligne que cette tendance est préoccupante, affirmant que des compétences solides en mathématiques sont essentielles pour stimuler le développement économique et social, favoriser l’innovation et résoudre des problèmes mondiaux urgents.
L’analyse, réalisée en collaboration avec l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IEA), repose sur des données de l’enquête Timss, qui a été menée entre 1995 et 2023 dans 47 pays et territoires à la fin du primaire et 38 dans le premier cycle du secondaire, incluant des pays comme l’Espagne, la Chine, l’Australie et les États-Unis.
Historiquement, les filles avaient affiché des performances inférieures à celles des garçons en mathématiques, mais l’écart s’était considérablement réduit dans les années 2000 et 2010. Cependant, depuis 2019, la dynamique s’est inversée. En 2023, les garçons surpassent les filles dans 81 % des pays étudiés, comparé à 52 % en 2019, 39 % en 2015, 41 % en 2011 et 26 % en 2003.
Les écarts de compétences sont également alarmants. En 2023, 21 % des pays avaient une proportion plus élevée de filles n’atteignant pas le seuil international minimal en mathématiques en fin de primaire, contre seulement 4 % en 2019 et 2 % en 2015. Dans le même temps, la part des pays où les garçons affichent un niveau particulièrement bas a diminué, atteignant presque zéro en 2023.
Dans le secondaire, bien que la situation soit plus nuancée, la tendance reste préoccupante. La part des pays où les garçons surpassent les filles est moins importante qu’en primaire, mais elle a tendance à progresser sur le long terme.
L’Unesco et l’IEA attribuent en partie ce recul aux effets durables de la crise engendrée par la pandémie de Covid-19. Les fermetures prolongées d’écoles ont exacerbé les pertes d’apprentissage en mathématiques et fragilisé la confiance et la motivation des filles.
Pour inverser cette dynamique, les deux organisations appellent à des actions dès l’école primaire, notamment à travers des activités ludiques pour renforcer la confiance des filles en mathématiques, la formation des enseignants aux biais de genre et un suivi systématique des résultats par sexe.
Source : Unesco, IEA.




