
A Mayotte, le cyclone Chido déclenche une guerre de la fibre optique
À l’entrée de la zone industrielle de Kawéni, à Mamoudzou, une pelleteuse creuse, ce 3 décembre, une tranchée sur le bas-côté de la route nationale 1. « La fibre optique arrive à Mayotte », annonce le panneau posé sur le bâtiment en béton abritant une installation télécoms de Mayotte THD. Cet opérateur, retenu par le département pour équiper l’archipel, prévoit de raccorder jusqu’à 1 900 foyers principalement à Mamoudzou, le chef-lieu, à partir de fin janvier 2026.
À quelques centaines de mètres de là, une affiche publicitaire d’Orange vante en mahorais, l’une des deux langues locales : « Mayotte la fibre ija » (« la fibre est là »). Plus loin, dans la ville de Koungou, au nord de Grande-Terre, Sébastien Tellerain, le directeur des réseaux d’Orange Mayotte, se félicite d’avoir « connecté ses premiers clients ».
Orange et Mayotte THD bataillent depuis plusieurs mois pour apporter la fibre optique dans ce département de 329 000 habitants, le dernier à ne pas en disposer en France. Les deux opérateurs entendent déployer chacun leur propre réseau, parfois aux mêmes endroits, alors que la densité de population paraît insuffisante pour deux infrastructures concurrentes. Orange a promis 4 000 foyers raccordables d’ici à la fin de l’année, et 20 000 de plus d’ici à la fin 2026, selon André Martin, le directeur général de l’antenne locale du groupe. Mayotte THD, de son côté, vise à couvrir 63 000 foyers d’ici à 2030, précise Emmanuel André, son directeur général.
Cette compétition pour le déploiement de la fibre optique à Mayotte, exacerbée par les récentes intempéries, souligne les enjeux d’infrastructures dans une région qui cherche à rattraper son retard technologique.
Source : Le Monde





