
L’État systématise la sécurité privée dans les CRA
Au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu, près de Toulouse, la sécurité est gérée par des agents d’une société privée. À l’entrée, les visiteurs sont invités à déposer leur pièce d’identité, à vider leurs poches, puis à passer sous un portique de sécurité. Derrière une vitre sans tain, trois agents effectuent des palpations, demandent le retrait des chaussures et contrôlent les objets personnels.
Cette privatisation de la sécurité dans les CRA s’inscrit dans une tendance plus large de l’État français à externaliser certaines fonctions de sécurité. Les centres de rétention, où sont placés des étrangers en situation irrégulière en attente d’expulsion, sont désormais souvent surveillés par des sociétés de sécurité privées. Cette évolution soulève des questions sur la responsabilité et les standards de traitement des personnes retenues.
Le recours à la sécurité privée dans ces établissements est justifié par des considérations d’efficacité et de coûts. Cependant, cela soulève des préoccupations quant à la formation et aux pratiques des agents de sécurité, qui ne sont pas soumis aux mêmes normes que les forces de l’ordre publiques.
Les statistiques sur le nombre de personnes retenues dans les CRA montrent une augmentation des effectifs, avec environ 30 000 personnes retenues en 2022, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Cette hausse s’accompagne d’une intensification des contrôles de sécurité, renforçant la présence de la sécurité privée.
Cette situation a des conséquences directes sur le traitement des personnes dans ces centres, où les conditions de détention et les droits des retenus peuvent être affectés par la gestion de la sécurité. La systématisation de la sécurité privée dans les CRA illustre un changement dans la manière dont l’État français aborde la gestion de l’immigration et des droits des étrangers.
Source : Ministère de l’Intérieur



