
Embourbé dans l’affaire Mandelson, Starmer échappe à une enquête parlementaire
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a échappé mardi au lancement d’une enquête parlementaire concernant la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, une décision qui suscite des controverses depuis plusieurs mois. Élu en juillet 2024, Starmer peine à éteindre cette polémique, née de sa décision de nommer Mandelson, une figure influente mais controversée du Labour, malgré ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Certains députés l’accusent d’avoir menti au Parlement en affirmant que la procédure de nomination avait été respectée. L’opposition appelle à sa démission. Après plus de cinq heures de débats, les députés ont voté contre l’enquête, avec 223 voix pour et 335 contre. La motion était portée par Kemi Badenoch, cheffe de l’opposition conservatrice, qui affirme que les déclarations de Starmer n’étaient « pas correctes ».
Bien que la motion ait peu de chances d’être adoptée en raison de la majorité du Labour (403 députés sur 650), le soutien de plusieurs députés travaillistes à la motion témoigne d’un mécontentement croissant au sein du parti. La députée Emma Lewell a souligné que la consigne de vote pour rejeter la motion « alimente l’idée qu’il y aurait quelque chose à cacher ».
L’affaire Mandelson a pris de l’ampleur mi-avril, lorsque des informations ont révélé que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Mandelson en janvier 2025, malgré un avis défavorable sur ses antécédents. Starmer a affirmé ne pas avoir été informé de cet avis et a limogé le haut fonctionnaire du Foreign Office, Olly Robbins, pour ne pas l’avoir averti.
Lors d’une session d’explications devant la Chambre des communes, Starmer a reconnu avoir commis une « erreur de jugement » en nommant Mandelson, qui a été limogé en septembre 2025, mais a démenti avoir trompé le Parlement. Il a également nié les allégations selon lesquelles Downing Street aurait exercé des pressions pour accélérer la nomination.
Starmer a accusé l’opposition de vouloir faire un « coup politique » à neuf jours des élections locales, qui s’annoncent difficiles pour le Labour, confronté à des défis de la part du parti anti-immigration Reform UK et des Verts. Le dernier Premier ministre soumis à une enquête parlementaire était Boris Johnson, lors du scandale du « Partygate ».
Dans la matinée, Morgan McSweeney, ancien chef de cabinet de Starmer et recommandé la nomination de Mandelson, a témoigné devant une commission parlementaire, affirmant qu’il n’avait pas demandé de contourner les procédures.
La police britannique a ouvert une enquête contre Mandelson, soupçonné d’avoir commis une faute dans l’exercice de ses fonctions, notamment pour avoir transmis des documents sensibles à Epstein lorsqu’il était ministre de 2008 à 2010.
Source : PRU/AFP.


