
Mayotte : Des demandeurs d’asile congolais expulsés dans une situation critique
L’insécurité croissante et la violence en République démocratique du Congo (RDC) ont conduit à une des crises humanitaires les plus graves au monde, avec près de 7 millions de déplacés internes et de réfugiés, selon le rapport semestriel du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). La situation est particulièrement alarmante dans l’est du pays, notamment dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu.
Olivier S., un père de famille congolais originaire de Goma, a récemment écrit à son avocat, Graziano Pafundi, pour décrire sa vie marquée par la peur des arrestations arbitraires et des enrôlements forcés par le groupe armé M23, soutenu par l’armée rwandaise. Ce conflit a provoqué des déplacements massifs de populations, accentuant une crise humanitaire déjà sévère.
En 2024, Olivier S. et sa famille ont tenté de fuir vers l’Ouganda, après avoir quitté la RDC. Ils ont réussi à atteindre Mayotte à bord d’un kwassa-kwassa, un petit bateau, via l’archipel des Comores. Cependant, ils ont été immédiatement interpellés à leur arrivée. Au centre de rétention administrative de Pamandzi, sur l’île de Petite-Terre, ils ont déposé une demande d’asile qui a été rejetée. Malgré un recours devant la Cour nationale du droit d’asile, la famille a été expulsée par charter vers Goma le 25 juin 2024, aux côtés de douze autres Congolais.
Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontés les demandeurs d’asile à Mayotte, un territoire français en proie à des tensions migratoires croissantes. Les expulsions de personnes vulnérables, comme Olivier S. et sa famille, soulèvent des questions sur le respect des droits humains et l’accès à l’asile dans un contexte de crise humanitaire.
Source : Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).


