
Projection de Garance au Festival de Cannes : une réflexion sur l’alcoolisme
Le 17 mai, la projection en compétition officielle de Garance, le dernier film de Jeanne Herry, a suscité une ambiance particulière sur la Croisette. La thématique abordée, celle de la dérive alcoolique d’une jeune comédienne, a laissé les spectateurs dans une réflexion profonde, rendant difficile la commande d’un troisième verre de Mojito ou de Minuty après la séance.
Jeanne Herry, reconnue pour son approche des services publics, continue d’explorer des sujets sociaux complexes. Ses précédents films, tels que Pupille et Je verrai toujours vos visages, ont mis en lumière le fonctionnement des institutions à travers le prisme du dévouement des acteurs sociaux. Garance déplace cette perspective en se concentrant sur l’individu confronté à l’alcoolisme, permettant ainsi de suivre la protagoniste dans sa lutte quotidienne.
Le film illustre comment la vie, la joie et l’humour peuvent coexister avec des problèmes profonds, soulignant que la chute dans l’addiction n’est pas toujours linéaire. Malgré une consommation quotidienne de deux litres de vin, des moments de tendresse, comme jouer avec sa nièce ou vivre une histoire d’amour, demeurent présents. Cette dualité est accentuée par des dialogues incisifs qui désamorcent le pathos habituel associé à ce type de récit.
Cependant, un aspect du film pourrait susciter des interrogations : la dernière phase de la rémission, où un soutien structurel devient nécessaire, n’est pas suffisamment développée. Cette omission pourrait minimiser l’ampleur des défis liés à la guérison de l’alcoolisme, un terrain que Jeanne Herry maîtrise particulièrement bien.
Les projections au Festival de Cannes, souvent critiquées pour leur longueur, semblent accuser un certain déséquilibre en ce qui concerne la durée de Garance, qui aurait bénéficié de quelques minutes supplémentaires pour explorer cette thématique essentielle.
Source : Article critique de Jeanne Herry, Garance




