
Corps électoral : Un Cœur une voix interpelle Emmanuel Macron
À quelques semaines des élections provinciales, prévues pour le 28 juin, l’association loyaliste Un Cœur une voix a adressé une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, à l’occasion du 8 mai. Ce collectif, dirigé par Raphaël Romano, appelle à une élargissement du corps électoral provincial, dénonçant une situation jugée « profondément injuste » pour les résidents qui n’ont pas le droit de vote.
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L’association souligne que de nombreux citoyens français vivant depuis plusieurs décennies en Nouvelle-Calédonie ne peuvent pas choisir les élus qui influencent leur quotidien. Dans leur lettre, ils interrogent : « Comment expliquer à un citoyen français vivant ici depuis vingt ou trente ans qu’il peut travailler et contribuer, mais qu’il ne peut pas voter ? »
Accord de Nouméa
Cette problématique est l’un des principaux points de tension depuis l’accord de Nouméa de 1998. Le corps électoral spécial, instauré pour protéger le poids politique du peuple kanak dans le cadre du processus de décolonisation, a été gelé suite à une révision constitutionnelle en 2007. Depuis cette date, plusieurs dizaines de milliers de résidents, inscrits sur la liste électorale générale, sont exclus du scrutin provincial.
Cette question avait déjà provoqué une crise en mai 2024, lorsque l’État a tenté de réformer le corps électoral sans un accord politique préalable.
La lettre ouverte de l’association intervient alors que de nouvelles discussions parlementaires sont en cours concernant une possible évolution du corps électoral. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a confirmé son intention d’organiser les élections provinciales avec un corps électoral élargi aux natifs et à leurs conjoints, une initiative qui a été immédiatement rejetée par le FLNKS.
Une loi organique examinée au Parlement
Parallèlement, le sénateur Les Républicains Georges Naturel prévoit de défendre une proposition de loi organique visant à intégrer les natifs au corps électoral. Dans un post sur les réseaux sociaux, il a affirmé que seuls les 10 575 électeurs natifs actuellement exclus pourraient voter le 28 juin. Ce texte doit être soumis pour avis au Congrès le 18 mai et examiné au Sénat le 19 mai.
Un Cœur une voix met en garde contre les risques juridiques que cette situation pourrait engendrer, en invoquant le principe d’égalité devant le suffrage. L’association insiste sur son refus de toute opposition ethnique, affirmant vouloir défendre le vivre-ensemble.
Source : LNC.nc






