Commémoration de la mémoire de la traite et de l’esclavage : où en est l’abrogation du Code noir ?

Commémoration de la mémoire de la traite et de l’esclavage : l’abrogation du Code noir en question

Ce dimanche 10 mai, la France commémore la mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date symbolique coïncide avec un autre anniversaire important : les 25 ans de la loi Taubira, adoptée en 2001, qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.

Un quart de siècle après cette reconnaissance, des interrogations subsistent quant à son impact concret sur la société française et dans les territoires héritiers de cette histoire. C’est le constat partagé par l’anthropologue Esther Eloidin dans son essai intitulé « À quand une abrogation du Code noir et une application réelle et concrète de la loi Taubira ? ». Dans son ouvrage, la Martiniquaise s’interroge sur la persistance des mécanismes hérités du Code noir dans les rapports sociaux, économiques et institutionnels d’aujourd’hui.

Eloidin souligne l’ignorance persistante de la culture coloniale et antillaise, affirmant qu’il existe une invisibilité de cette histoire, notamment en France métropolitaine. Elle déplore également le manque de reconnaissance de la littérature et de la musique des territoires afro-descendants au niveau national, pointant du doigt la rareté des œuvres disponibles en librairie, hormis celles d’auteurs tels qu’Aimé Césaire ou Raphaël Confiant.

L’abrogation du Code noir

L’anthropologue fait remarquer que, 25 ans après le vote de la loi Taubira, le manque d’implication et d’application de celle-ci est flagrant. Elle rappelle que la France avait été pionnière en reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Cependant, lors d’une récente proposition de l’ONU et du Ghana pour réfléchir aux réparations en mars 2026, la France, ainsi que l’Union Européenne, s’est abstenue de voter, suscitant incompréhension.

L’application de la loi Taubira débute par l’abrogation du Code noir, qui régissait l’esclavage et l’économie coloniale et qui n’a jamais été officiellement abrogé. Une proposition de loi pour cette abrogation sera présentée à l’Assemblée nationale le 28 mai prochain, dans le cadre d’une journée d’initiative parlementaire portée par le groupe LIOT et par le député guadeloupéen Max Mathiasin.

Source principale : Esther Eloidin, essai « À quand une abrogation du Code noir et une application réelle et concrète de la loi Taubira ? »

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